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Opinion

La folie olympique d'un maire déconnecté

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C'est aujourd'hui (25 janvier) qu'avaient lieu, en 1924, les premiers Jeux olympiques d'hiver à Chamonix, en France. Depuis, la France a reçu les mêmes jeux à deux autres reprises : à Grenoble, en 1968, et à Albertville, en 1992. La France présente actuellement sa quatrième candidature avec la ville d'Annecy pour les Jeux d'hiver de 2018, une situation déplorable, dont Québec et son maire devraient s'inspirer avant d'aller trop loin dans le cauchemar olympique.

Surnommée la «Venise des Alpes», Annecy est une ville dont l'agglomération urbaine dépasse les 200000 habitants. C'est aussi la capitale de la Haute-Savoie, entourée de montagnes majestueuses, et reconnue pour ses loisirs d'hiver. Ville candidate de la France, elle éprouve actuellement des difficultés à convaincre le comité olympique des avantages qu'elle détient vis-à-vis de ses rivales Munich et Pyeongchang. Comme c'est le cas avec la potentielle candidature de Québec, Annecy s'est fait remettre à l'ordre par le Comité olympique en juin dernier pour son projet jugé «trop éclaté» et «trop dispersé», celle-ci ne pouvant offrir l'ensemble des compétitions sur son territoire. Ainsi, la France suggère de répartir maintenant certaines compétitions sur deux territoires différents, ce qui constitue un handicap majeur.

Budget de promotion

Mais outre les difficultés liées au site, il y a un autre élément qui vient jouer en défaveur de la candidature française: la faiblesse de son budget de promotion. Avec ce budget estimé à 27 millions de dollars canadiens, Annecy fait figure de parent pauvre et ne fait pas le poids avec Munich, qui dispose de 55 millions, et Pyeongchang, qui nage dans l'argent avec 163 millions! Et il ne s'agit ici que du budget lié à la promotion de la candidature pour l'obtention des Jeux!

Que vient faire la Ville de Québec dans cet univers devenu complètement inaccessible? Quel sera le budget nécessaire à l'obtention de la candidature de Québec lorsque viendra le temps de déposer notre dossier en 2015? 200 millions? Au-delà de l'impossibilité physique de tenir certaines compétitions dans la région de Québec faute d'infrastructures, quels seront les coûts réels pour la tenue des Jeux? Vancouver n'a pas encore comptabilisé l'exercice qui vient de se terminer que déjà la somme s'élève à plus d'un milliard de dollars pour des Jeux tenus en 2010. Quelle sera la facture en 2022 pour une éventuelle candidature québécoise? Je n'ose l'imaginer.

Et si le bon maire Labeaume décidait -en cours de route - de faire comme il a fait avec la candidature de Québec - qu'il a lui-même présentée sur un coup de tête à Barcelone pour le Forum universel des Cultures de 2016, et d'abandonner tout simplement l'aventure parce que les coûts seraient devenus trop élevés? Labeaume a déjà gaspillé plus d'un demi-million en fonds publics pour l'abandon de cette candidature pourtant confirmée avec grand éclat en octobre dernier. Voilà un maire dont l'émotivité et la gestion impulsive pourraient très bien nuire à la candidature de Québec devant le comité international olympique.

De toute façon, maire émotif ou pas, les finances publiques du Québec étant en ruines pour les prochaines générations, on voit mal comment quelqu'un d'intelligent et de sensé pourrait investir dans un tel cirque alors qu'on a de la difficulté à soigner nos citoyens, à traiter honorablement nos aînés et à instruire notre jeunesse convenablement. Persister dans un tel projet relève nécessairement de la pure connerie.

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