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Opinion

Ces syndicats qui nous gouvernent 4

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Le copinage a toujours existé entre le Parti québécois et les grandes centrales syndicales. C'est encore vrai maintenant. Et depuis au moins 1985, il a été rendu nécessaire pour les libéraux aussi. Depuis 1976, le Parti québécois et le Parti libéral ont été au pouvoir 18 ans chacun. L'Action démocratique du Québec, à qui les syndicats n'ont jamais caché leur hostilité, n'a jamais été élue.

Le ver dans la pomme ?

Je vais démontrer par des exemples concrets l'immense pouvoir d'influence qu'ont les grandes organisations syndicales en termes des «gains» qu'ils ont obtenus depuis cinq décennies. Autant de gains qui ont miné la compétitivité du Québec sur le plan économique, en plus de créer des effets pervers sur l'éthique et la probité des processus. Je vais en faire une énumération non exhaustive, car le contraire pourrait faire l'objet d'une thèse de doctorat. Je vais m'en tenir aux 10 plus kafkaïens.

1-La Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction. Cette loi prévoit notamment, pour les entreprises qui y sont assujetties, la syndicalisation obligatoire dans le secteur de la construction, le placement syndical de la main-d'oeuvre et le mutisme des donneurs d'ouvrage lors du renouvellement des conventions collectives même si c'est eux qui doivent payer au bout du compte. Comme principal donneur d'ouvrage, par le truchement de nos importantes sociétés d'État, c'est nous -- vous et moi -- qui payons plus cher.

2-La Loi sur l'équité salariale la plus compliquée et contraignante au monde. Sauf des technocrates du gouvernement du Québec et quelques experts qui en vivent, très peu en comprennent réellement son fonctionnement. Personne à ce jour n'a été en mesure de démontrer quelque pourcentage de «discrimination salariale systémique». Dix ans après son adoption (1997), on avait le choix d'y mettre fin ou de poursuivre. L'État a choisi de continuer le harcèlement des entreprises d'ici.

3-La Commission de la santé et de la sécurité du travail. L'idée d'une telle commission est excellente. Si elle doit être paritaire -elle l'est -pourquoi doit-elle être financée exclusivement par les entreprises ? De plus, en théorie, tant les salariés que les employés peuvent faire l'objet de poursuites en vertu de la loi. Or, dans les faits, les salariés ne sont jamais ennuyés même s'ils se révèlent d'une négligence extrême. Les cas systémiques d'abus de différentes mesures prévues à la loi sont trop nombreux et connus pour être énumérés ici. Mais puisque ce sont les entreprises qui payent...

4-L'introduction de la formule Rand dans nos lois du travail.

5-La création des fonds d'investissement de la FTQ et de la CSN. Qu'est-ce que cela a à voir avec la mission d'un syndicat de salariés ? Avec des règles de gouvernance laxistes à la clé qui ont donné lieu, notamment, à des scènes folkloriques peu glorieuses autour d'un yacht désormais célèbre.

6-Les fusions/défusions municipales, dont on devait sortir enrichis par des économies d'échelle remarquables. Résultat : la fonction publique municipale la plus chère en Amérique du Nord ! La seule place au Québec où on a réussi à niveler par le haut !

7-Le manque d'exigence de reddition de compte, de transparence et de représentativité formelle dans nos lois du travail en général. Il y a la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD. Mais il y a les TUAC, le SCFP, les TUA, les Teamsters, etc. Qui répond de qui ?

8-Les mesures antisalariées de rem-placement dont on a parlé précédemment.

9-Le couple «sécurité d'emploi» et «ancienneté» comme unique critère de promotion dans la fonction publique.

10- La signature de cartes pour l'accréditation plutôt que le scrutin secret systématique. Lundi prochain : un syndicalisme innovateur ?

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