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Opinion

Nathalie: 1, Pauline: 0

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Vendredi dernier, la saga des gaz de schiste prenait un nouveau virage avec la volonté, exprimée de la vice-première ministre Nathalie Normandeau, de modifier en profondeur l'actuel projet de loi 79 devant moderniser la Loi sur les mines pour y inclure des règles strictes. Pauline Marois, quant à elle, parlait de nationaliser la ressource !

Il faut féliciter le gouvernement du Québec d'avoir pris les devants et de ne pas avoir attendu les conclusions du rapport de consultation du BIPE sur la question. Ainsi, la vice-première ministre répond directement aux appréhensions des municipalités, en statuant que les zones urbaines seront définitivement protégées. De plus, le niveau des redevances sera sensiblement relevé et les conditions environnementales d'exploitation seront encadrées législativement. Voilà qui ne suffira pas à calmer les artistes émeutiers pour le moment présent, mais qui constitue un pas dans la bonne direction. Il reste maintenant au BIPE à déposer ses recommandations qui, nous pouvons l'affirmer sans craindre de nous tromper, seront largement transposées dans un texte législatif à être débattu par l'Assemblée Nationale, en temps et lieu.

Si elle veut susciter l'adhésion, la vice-première ministre n'aura pas le choix. Elle devra imiter l'Alberta et la Colombie-Britannique, en imposant un taux de redevances suffisamment important. De plus, elle devra aussi donner un droit de veto aux municipalités visées par l'exploration et l'exploitation de même qu'un partage des redevances, afin que nos collectivités puis-sent se diversifier sur le plan économique durant la période où l'on nous vide de nos ressources naturelles. Il faut à tout prix éviter l'erreur de la foresterie et de l'exploitation actuelle des mines où les compagnies nous saignent à blanc sans rien donner en échange. Le passage de Normandeau aux affaires municipales devrait aider à la compréhension de cette problématique.

Idéologie partisane

Toutefois, que dire de Pauline ? Elle qui se voit déjà à la tête du Québec nous claironne dans les oreilles un vieux disque des années 70 qui l'a vue naître politiquement. Pauline nous propose une prise de participation publique dans les entreprises de gaz de schiste et même la N-A-T-I-O-N-A-L-IS-A-T-I-O-N de la ressource ! Elle songe même à ressusciter des sociétés d'État défuntes, comme SOQUIP, un peu comme son conjoint Claude Blanchet l'a si malheureusement fait avec la SGF en investissant dans des gouffres financiers comme Métaforia, Magnola, ou Gaspésia. Voilà la recette éprouvée de la sociale-démocrate Marois qui va nous faire croire qu'en étant actionnaires minoritaires de compagnies privées, nous pourrons ainsi les contrôler et devenir riche collectivement. À l'heure où l'on prêche pour la réduction de la taille de l'État et de la bureaucratie, Marois songe même à nationaliser et à faire du Québec un exploitant gazier. C'est trop facile de simplement récolter les redevances. Pauline préfère s'improviser maître-foreur.

Comme si ce n'était pas assez, Pauline, toujours obsédée par la création de la richesse, propose de créer une nouvelle société d'État qu'elle nommera «Banque de développement du Québec». C'est avec cette nouvelle institution qu'elle entend revendiquer unilatéralement tous les programmes d'aides aux entreprises pilotés par le fédéral. C'est un élément majeur de sa politique de chicanes institutionnelles, une structure au service de son idéologie partisane afin de provoquer un référendum gagnant sur la souveraineté. Ainsi, si nous sommes pauvres, ce sera évidemment la faute du fédéral. En bonne loser qu'elle est, ce sera toujours la faute des autres...

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