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Montréal

L'opposition réclame la tête du contrôleur général

«C'est 10 mois d'espionnage, de piratage de l'administration envers l'institution qu'est le Vérificateur général», a estimé la chef de l'opposition officielle, Louise Harel
© Archives «C'est 10 mois d'espionnage, de piratage de l'administration envers l'institution qu'est le Vérificateur général», a estimé la chef de l'opposition officielle, Louise Harel

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MONTRÉAL - Les partis d'opposition à l'hôtel de ville de Montréal exigent le congédiement immédiat du contrôleur général Pierre Reid. Celui-ci a épié pendant 10 mois la boîte de courriels du vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron.

L'opposition refuse également de croire que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'ait pas été au courant de l'enquête de M. Reid, qui aurait permis au contrôleur de révéler certaines irrégularités commises par le vérificateur dans l'octroi de contrats.

«C'est 10 mois d'espionnage, de piratage de l'administration envers l'institution qu'est le Vérificateur général», a estimé la chef de l'opposition officielle, Louise Harel, lors d'une conférence de presse fort courue.

«S'il n'y a pas de gêne pour entrer dans les courriels du vérificateur, comment penser qu'il n'en est pas de même pour entrer dans les courriels des élus, les courriels de l'opposition?» a-t-elle demandé.

Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, s'est montré particulièrement cinglant envers Gérald Tremblay, qui a choisi de ne pas parler directement aux médias, mardi, mais a juré par l'entremise de ses porte-paroles qu'il ignorait tout de l'enquête sur le vérificateur général.

«La défense du niaiseux qui ne sait jamais rien, elle n'est plus acceptable, a estimé Richard Bergeron. S'il ne savait pas, c'est scandaleux. S'il le savait, c'est scandaleux aussi.»

Vérificateur blâmé

Selon des informations qui arrivent par bribes, l'enquête du contrôleur général au sujet du vérificateur général aurait entre autres permis d'établir qu'il a octroyé deux contrats de 2500 $ à des membres de sa famille, ce qui est contraire à l'éthique.

Un rapport d'enquête de deux pages, détaillant ce qui est reproché à Jacques Bergeron, sera déposé lundi prochain lors de la séance mensuelle du conseil municipal.

Mardi matin, dans une lettre cinglante de trois pages envoyée à tous les élus du conseil municipal, le vérificateur a fortement dénoncé la manière utilisée pour mener l'enquête à son endroit. «Plus particulièrement, des courriels portant spécifiquement sur des sujets de vérification devant éventuellement faire l'objet de notre prochain rapport annuel ont été consultés», a écrit Jacques Bergeron.

«Les gestes posés pour camoufler ces intrusions et tenter d'effacer toute trace dans le réseau informatique de la Ville montrent que les auteurs de ces intrusions savaient qu'ils agissaient dans l'illégalité, a-t-il estimé. Ces gestes s'apparentent en ce sens à de l'espionnage et du piratage informatique, ce qui ajoute à l'odieux de la situation.»

M. Bergeron a également assuré qu'il avait toujours agi « de bonne foi, dans le respect des règles, normes, lois ou règlements applicables », dans l'exercice de ses fonctions.

On a également appris mardi que c'est André Harel, président du comité de vérification, qui a d'abord reçu des informations «verbales» dénonçant Jacques Bergeron, et que c'est lui qui alerté le contrôleur général en mars 2010.

Il a affirmé en entrevue qu'il ne comprend pas pourquoi «on frappe sur le messager (l'administration Tremblay) plutôt que sur celui qui est accusé (Jacques Bergeron)».

M. Harel, comptable agréé qui assure n'avoir «aucune relation personnelle avec Gérald Tremblay», explique que «quatre ou cinq éléments assez sérieux» sont reprochés à Jacques Bergeron.

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