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Opinion

Un nouveau Colisée pour 5 cents!

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Le maire Labeaume était tanné d'attendre. Jean Charest aussi. Ils ont tous les deux annoncé le projet du siècle qui allait servir à tout l'Est du Québec.

L'Est du Québec. Avez-vous remarqué le changement de ton du premier ministre qui s'est évertué à prononcer l'expression «capitale nationale» au moins 300 fois? Cette décision s'imposait d'elle-même. Une évidence même pour le maire de Rimouski, Éric Gagné -une ville de l'Est du Québec -qui est aussi incidemment le président de l'Union des municipalités. «Voilà un bel équipement qui servira tout l'Est du Québec.» Le ton est donné. Il s'agit maintenant de la bataille des régions. Slogan régional du PLQ aux prochaines élections : «Nous sommes là pour l'Est du Québec»

Implication du privé

Puis vint le maire Labeaume qui, dans un courage désinvolte, s'est mis à genoux pour remercier Jean Charest. Devant autant d'hommages, le premier ministre a rougi. Comment peut-on s'ériger contre un tel projet ? Québec ! Cette ville qui est actuellement courtisée par tous les partis politiques ! Même Pauline, Gilles, et Amir sont en faveur du projet. Il n'y a que Gérard le naïf qui a cru bêtement à l'implication du privé dans la construction d'un équipement de nature complètement publique. Et sur ce point, le maire a raison. Cessons de nous raconter des histoires autour du feu. Le privé n'a pas un cent de profit à faire dans cette immobilisation exceptionnelle. Il est vrai que le Colisée actuel nécessite des investissements majeurs. Il est vrai aussi que l'économie se porte souvent mieux dans une capitale que dans la grande ville aux prises avec des problématiques souvent plus onéreuses. Oui, Québec mérite un nouvel amphithéâtre. Mais à quel prix pour le contribuable ? Les gens de Québec ne sont pas dupes ! Le sondage de la fin de semaine le démontre bien.

Augmentation des taxes

Le maire a proposé un plan B qui est somme toute intéressant. Un règlement d'emprunt de 120 millions devra être financé sur une longue période étant donné que la durée de vie de l'équipement sera d'au moins 30 ans. La balance représentant 67 millions d'emprunt sera financée par des coupures récurrentes dans l'administration. À l'heure où la Ville doit prendre à sa charge de nouvelles responsabilités en matière environnementale et de loisir, il est difficile de penser à une diminution dans les budgets. Les responsabilités premières de la Ville doivent être respectées, et pour cela, on voit mal comment une augmentation des taxes ne serait pas nécessaire et réaliste. Le maire a évoqué l'importance de payer les immobilisations en «cash» le plus possible. Cette approche peut séduire, mais elle ne tient pas la route sur le plan du bon sens et de la fiscalité. Pourquoi payer immédiatement une immobilisation aussi importante qui aura une durée de vie de plus d'une génération? L'équité fiscale d'un tel projet doit nécessairement répartir le paiement sur la plus longue période possible.

Ainsi, le maire devra chiffrer l'impact de son plan B sur le compte de taxe d'un contribuable moyen. Une première ébauche de calcul nous permet d'envisager une augmentation de 5,2 cents les 5 premières années, et de 1,9 cent pendant les 25 années suivantes. À terme, les contribuables de la Ville de Québec uniquement auront payé 234 185 000 $ et coupé leurs dépenses récurrentes de 67 000 000 $ d'un Colisée dont les coûts étaient évalués à 400 millions de dollars. Pas si mal pour un équipement de cette importance.

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