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Opinion

Un Charest vaut mieux que Legault tu l'auras

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À l'époque où François Legault était «super» ministre de l'Éducation et de la Santé, il était perçu comme un personnage insipide et incolore. Rien de son passage n'a transformé l'administration publique ou la façon de faire la politique. Auteur du fameux Budget de l'An 1 d'un Québec souverain en 2005, Legault avait même poussé l'idiotie à nous laisser croire que l'aventure dégagerait plusieurs milliards de profits dès l'indépendance. Maintenant, Legault nous dit qu'il s'est amèrement trompé. Rien ne va plus au Québec ! Où était-il pendant son engagement politique ? Legault a soudainement toutes les solutions aux problèmes de gouvernance.

La Coalition pour l'Avenir du Québec a rendu public, hier, un opuscule de 8 pages dont la prose nous expose plusieurs principes maintes fois remâchés. En éducation, Legault nous propose une décentralisation. Il n'y a pas de bris majeur dans le système des commissions scolaires, mais plus de pouvoirs aux directions d'école. Rien de neuf puisque ce modèle a déjà existé dans la Loi sur l'instruction publique et s'est personnifié dans le concept de l'école du ministre mis de l'avant par Jean Garon, dans le cas de l'école active Ste-Jeanne-d'Arc, de la municipalité de Lefebvre, en 1996. Idem pour l'école Ste-Marie de Batiscan. Legault devait sans doute l'ignorer. Toujours en matière d'éducation, Legault propose de hausser les tarifs d'Hydro-Québec pour donner de meilleures conditions salariales aux professeurs. Ridicule. Les professeurs ne veulent pas de meilleurs salaires; ce qu'ils et elles veulent, ce sont des ratios maîtres/ élèves raisonnables et des ressources professionnelles périphériques adaptées aux problèmes d'apprentissage afin de mieux lutter contre le décrochage scolaire. Hausser le salaire ne donnera absolument rien de plus à des profs déjà au bout du rouleau!

En matière de santé, Legault propose des groupes de médecine familiale. Peut-être est-ce une blague de sa part, mais le concept existe déjà au Québec. Pourtant, rien sur la solution Legault pour pallier le manque de ressources humaines dans le réseau de la santé.

En matière d'avenir constitutionnel, Legault propose un moratoire. Rien de neuf, puisque cette approche est déjà prônée par tous les partis politiques à l'Assemblée nationale depuis le début des années 2000! Toutefois, ce qui surprend, c'est l'incompétence et l'amateurisme de Legault en matière de législation linguistique lorsqu'il se hasarde à parler des écoles passerelles anglophones. Dans ce dossier, Legault propose la mise en vigueur de la clause dérogatoire énoncée à l'article 33 de la Charte canadienne, afin de se soustraire au jugement de la Cour suprême. Erreur! La clause dérogatoire ne s'applique pas à la langue d'enseignement.

Si Legault veut percer, il devra très certainement revoir son image drabe et somnifère. Il reste que, au-delà de ce triste spectacle, il devra mettre de la chair autour de l'os. Rien de ce texte n'apporte des mesures concrètes pour revoir la gouvernance d'un État fatigué et en mal de renouvellement. Les Québécois l'ont prouvé dans les derniers sondages d'opinion. Ils mettaient Legault en tête de toutes les solutions. Non pas parce que c'était Legault, mais tout simplement parce qu'ils sont désillusionnés et cyniques envers l'ensemble de la classe politique.

La Coalition pour l'avenir du Québec et son Manifeste de 8 petites pages n'est qu'un déluge de mots et de voeux pieux sur un désert d'idées. Comme le dit le proverbe: un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Dans l'attente du Messie, je préfère, de loin, rester avec Jean Charest.

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