/homepage
Navigation
Opinion

L'inéluctable division

Coup d'oeil sur cet article

Dans tout débat démocratique, il y a division. C'est dans la nature de la bête. Ne pensezvous pas que les Américains sont divisés en ce moment ? Et les Français ? Et les Canadiens, entre le conservatisme de l'Ouest et le libéralisme de l'est. Les Chinois, eux, ne sont pas divisés.

François Legault le rassembleur ?

J'aime plusieurs idées audacieuses parmi celles qu'a évoquées François Legault dans son récent manifeste, dont celle qui consiste à payer plus les enseignants, mais d'exiger en retour des normes nettement améliorées et de consacrer des ressources à ce contrôle de performance. Avant même d'identifier ces nouvelles ressources financières, qui devront être considérables, j'entends d'ici la CSQ entonner en coeur « Touche pas à ma convention collective! ». La deuxième salve, viendra des consommateurs d'électricité - aussi bien dire à peu près tout le monde - qui crieront au meurtre dès la moindre incartade de ce côté. Ça ne veut pas dire qu'il faille oublier l'idée pour autant. Mais ce n'est pas ce que j'appelle une idée rassembleuse. On peut diviser les électeurs sur l'axe gauche-droite (ou ce qui pourrait être perçu comme tel par certains) ou sur l'axe souverainiste-fédéraliste. Ou un mélange des deux. M. Legault se dit pragmatique. D'autres diront qu'il caresse de sombres desseins de droite ou, au contraire, qu'il est un « gauchiste efficace ». Je ne comprends pas ce discours rassembleur. Il suffit de tourner le dos à la souveraineté pour rassembler? Honnêtement, je ne crois pas que ce soit si simple.

François Legault le diviseur ?

Un sondage (ou deux) ne fait (font) pas le printemps. On peut tout faire dire à une enquête d'opinion. C'est sur une tendance de plusieurs mois qu'on peut dire ce qui va arriver. Et encore. Souvenez-vous de la déconfiture de l'ADQ en 2003... Mais quand on voit toute la pêche que François Legault a faite pendant huit mois, on ne peut que s'étonner de la faible quantité de gros poissons qu'il y a dans sa barque. Ils sont rarissimes. À part Charles Sirois - et je serais curieux de connaître son taux de notoriété dans la population générale -, je ne vois personne de connu. En larguant François Legault, Joseph Facal, avec toute son intelligence et toute sa crédibilité, a porté un coup dur à son mouvement.

Legault est contre un moratoire sur les gaz de schiste. Sirois n'a pas de position sur le projet de commission de valeur mobilière pancanadienne. C'est pour le moins étonnant. L'institution financière dont il préside le conseil, la CIBC - comme toutes les autres d'ailleurs - a adopté une position très claire. Les sujets litigieux commencent déjà à arriver.

En fait, ces dernières années, les libéraux ont été plus efficaces pour attirer des souverainistes notoires que M. Legault n'a été capable de convaincre des fédéralistes bon teint. Bref, ce mouvement « caquiste » (Coalition pour l'avenir du Québec), s'il reste un mouvement, pourrait faire utilement évoluer les mentalités. Mais s'il se transforme en parti politique, il deviendra l'ADQ bis et divisera d'autant plus le vote francophone, fusion ou pas.

Est-ce un oubli ?

À mon avis, quiconque ne fait pas des finances publiques une priorité absolue rate la cible. Celles du Québec sont dans un état pitoyable. Parmi les pires au monde. MM. Legault et Sirois ne semblent pas préoccupés outre mesure par cette question. Ils n'en soufflent mot. Je sais que c'est un sujet aride, mais il ne faut pas oublier que c'est la mère de toutes les réformes.

Commentaires