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Opinion

QuébecLeaks mon oeil!

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Sur Facebook, QuébecLeaks se présente comme un organisme à but non lucratif. Quand on fouille aux registres gouvernementaux des raisons sociales et des corporations, rien n'existe sous ce nom. Première cachotterie des promoteurs. Autre affaire : on ne connaît toujours pas l'identité de ces fauteurs de troubles. Assez particulier pour une gang de m'as-tu-vu qui prétend prêcher la transparence ! On joue les grandes madones en se présentant sous le nom d'emprunt «Noam Chomsky», un anarchiste philosophe et professeur au MIT à Boston. Faites-moi rire, je m'étouffe dans ma salive.

Pour justifier la création de QuébecLeaks, les apôtres colonisés québécois de Julian Assange dénoncent la corruption et la collusion qui règne au Québec dans une entrevue donnée au quotidien Le Soleil de Québec : «Tout d'abord, nous croyons fortement que le Québec actuel souffre d'un énorme déficit de transparence et d'éthique.»

Permettez-moi de me lancer avec enthousiasme sur un mur de béton ! Il existe un manque de transparence là où la paresse intellectuelle et l'engagement citoyen font défaut. Voilà un autre triste exemple de l'information jaune et de l'opinion instantanée à grand spectacle. QuébecLeaks n'est rien de plus que de la pure fiente.

Je pensais faire cette chronique hebdomadaire sur les propos stupides et ridicules du député conservateur de la région de Québec, Daniel Petit qui comparait le Bloc aux gauchistes du Plateau Mont-Royal. Toute cette démagogie pour nous faire croire que le parti conservateur est le grand défenseur des régions du Québec. C'est vraiment nous prendre pour des imbéciles encore une fois. Hélas, j'ai trouvé encore plus con que ça -est-ce Dieu possible -oui: QuébecLeaks.

Vous voulez savoir ce qui se passe au gouvernement ou à votre conseil municipal ? Et bien, levez votre derrière, présentez-vous aux assemblées, faites vos demandes d'accès à l'information et questionnez vos élus. Vous aurez les réponses à vos interrogations. Pourquoi confier à des amateurs le droit du public à l'information ? Ne serait-il pas préférable de laisser aux journalistes professionnels le soin de faire leur travail dans les règles de l'art et de façon ouverte ?

Instaurer un régime aussi populiste de dénonciations et de coulage relève de la criminalité intellectuelle et n'est strictement basé que sur la vengeance malsaine d'un employé ou d'un fonctionnaire frustré. Il n'y a que les êtres petits et les connards pour embarquer dans un tel processus. Je ne vous cacherai pas que le droit à la transparence absolue, ça n'existe pas. Au gouvernement comme ailleurs, il n'existe pas de droit intégral du public à «tout savoir». Les délibérations d'un Conseil d'administration d'une Société d'État, d'un Conseil des ministres ou le texte d'un mémoire au Conseil du Trésor ne sont pas nécessairement accessibles au public, et c'est tant mieux ainsi. L'administration publique a besoin de cette discrétion nécessaire pour se mettre à l'abri de ce nouveau phénomène de l'opinion de monsieur et madame tout-le-monde qui portent des jugements à l'emporte-pièce sans souvent connaître les tenants et les aboutissants. Il faut laisser à l'État une marge de manoeuvre nécessaire pour gouverner en paix.

À force de vouloir tout savoir et d'avoir une opinion sur tout, le bon peuple va finir par littéralement écoeurer les politiciens et les gestionnaires de l'État. Peuple de gérants d'estrade, continuez ainsi et vous finirez par avoir les politiciens que vous méritez !

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