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Bureaucratie | Justice

Son véhicule détruit

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Le pasteur évangéliste qui s'était fait saisir illégalement sa minifourgonnette garée dans le stationnement privé de son église, alors qu'il se trouvait en mission humanitaire en Haïti, ne reverra plus jamais son véhicule : il a été détruit.

La Dodge Caravan 2000 de la famille de José Pierre n'existe plus, a confirmé hier au Journal Serge Landry, l'un des propriétaires de Remorquage Météor, l'entreprise qui l'avait remorquée en août 2009 pour ensuite l'entreposer dans sa fourrière.

M. Landry explique qu'il était dans son droit de faire détruire la minifourgonnette, car les frais de remisage surpassaient la valeur du véhicule, estimée selon lui tout au plus à 1500 $.

«À cette valeur, je parle d'un véhicule en bon état, alors que celui-ci avait été vandalisé », commente M. Landry.

Après 156 jours d'entreposage à la fourrière, les frais s'élevaient en effet à 3 120 $, plus 100 $ pour le remorquage initial. Remorquage Météor s'en est donc débarrassé en janvier 2010.

L'avis de 30 jours

De plus, Serge Landry a conservé dans ses dossiers la copie d'un avis de 30 jours envoyé par la police de Montréal, par courrier recommandé, à l'épouse du pasteur, Jeudine Hillis (officiellement la propriétaire du véhicule), pour qu'elle récupère sa minifourgonnette dans ce délai, afin d'éviter qu'elle ne soit liquidée.

Cet avis a bel et bien été reçu au domicile familial du pasteur par un dénommé J. Pierre, comme en fait foi le relevé de Postes Canada dont Le Journal a obtenu copie.

Toutefois, comme le prénom de deux des quatre enfants de José Pierre commence aussi par la lettre J, le pasteur se demande si ce n'est pas l'un d'eux qui auraient accusé réception de l'envoi.

Chose certaine, José Pierre assure n'avoir jamais reçu cette lettre, c'est pourquoi il continuait, jusqu'à hier, à chercher la trace de son véhicule.

Pas au courant

«Les policiers m'ont dit à cette époque que mon automobile était à la fourrière, mais je n'ai jamais su qu'ils la détruiraient. Ce que je voulais, c'était prouver que les policiers avaient eu tort de venir la saisir dans un stationnement privé pour que je puisse ensuite la récupérer sans payer tous ces frais», a expliqué M. Pierre, hier.

«C'est une question de principe, dit-il. Un citoyen n'a pas à payer de ses poches des frais parce qu'un policier a décidé un jour de saisir une automobile garée tout à fait légalement, dans un stationnement privé.»

Un jugement de la cour municipale lui a effectivement donné raison : ce billet d'infraction de 154 $ que lui avait décerné la police en août 2009 pour avoir «abandonné un véhicule routier sur un chemin privé ou un terrain privé» a été annulé. En d'autres termes, la saisie n'aurait jamais dû avoir lieu.

Déjà détruite

Au moment de ce jugement, toutefois, sa minifourgonnette avait déjà été détruite.

Le pasteur soutient n'en avoir jamais été informé et il s'est mis à la chercher.

Jusqu'à hier, José Pierre croyait que la minifourgonnette avait plutôt été vendue aux enchères.

De même, le pasteur assure n'avoir appris qu'au moment de sa comparution, en cour municipale, que le véhicule avait été vandalisé.

«Si nous, moi et ma femme l'avions su avant, dit-il, nous aurions réclamé les dommages à nos assurances et on ne parlerait probablement pas de cette affaire aujourd'hui.»

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