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Double de vie de Samantha Ardente

L'école doit-elle congédier la jeune femme?

L'école secondaire Les Etchemins.
© TVA Nouvelles L'école secondaire Les Etchemins.

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LÉVIS - L'affaire Samantha Ardente, qui a commencé par une simple demande d'autographe, a engendré en véritable débat de société. La jeune femme qui travaille au service administratif de l'école secondaire Les Etchemins jouait également dans des films pornos. La question est de savoir désormais si elle peut rester à son poste.

Employée depuis 2002 par la commission scolaire des Navigateurs et depuis deux ans à l'école secondaire située sur l'avenue des Églises, à Charny, la jeune femme a été suspendue avec solde pour une période qui ne devrait pas excéder deux semaines, le temps que la poussière retombe.

« C'est une première dans notre histoire et, même si elle ne fait pas affaire directement avec les élèves, nous devons évaluer les impacts que cette histoire aura sur elle, sur les élèves et sur le personnel », a expliqué Louise Boisvert, porte-parole à la Commission scolaire.

Il y a quelques jours, elle avait été confondue par un élève qui était tombé sur l'un des films pornos que l'employée de l'école avait tournés. Elle avait refusé de lui signer un autographe et lui avait demandé de rester discret sur sa double vie, mais il n'a pas suivi la recommandation, ce qu'il regrette amèrement aujourd'hui, selon un de ses amis.

Un enseignant à qui les représentants du « Journal de Québec » ont parlé a aussi confirmé cette version, ajoutant même que la nouvelle avait eu l'effet d'une bombe dans l'établissement qui compte un peu plus de 1 400 élèves. « Ce qu'elle a fait, c'est déplacé parce qu'elle travaille dans un environnement scolaire, mais ce n'est pas illégal non plus, a-t-il commenté. Alors, on explique aux élèves que ça n'a pas sa place ici et le reste suit son cours. »

« Une commission scolaire, ça existe parce qu'il y a des enfants qui ont besoin de services éducatifs, a mentionné Mme Boisvert. Nous sommes tous un peu des agents d'éducation et nous devons servir de modèle. C'est ce qui diffère d'une personne qui travaille, par exemple, en entreprise privée. » Elle a précisé que tous ces aspects devront être évalués avant de statuer sur le sort de Mlle Ardente.

Personne ne pouvait donc prédire mercredi le sort qui sera réservé à l'une des vedettes du film «Abuseurs en série 2».

On parle pour l'instant d'un éventail assez vaste de sanctions qui pourraient aller de la simple lettre disciplinaire au renvoi pur et simple.

« Nous nous pencherons sur la jurisprudence et nous essaierons d'évaluer au mieux l'impact que cette histoire aura, a conclu Louise Boisvert, mais comme disait une jeune élève, ce qui est dommage, c'est que c'est l'école qui se retrouve au cœur de cette tourmente et c'est elle qui est maintenant entachée. »

Pas facile la vie de star du porno

Difficile le chemin de la porno? Cindy Cinnamon, une femme bien connue de la région de Québec dit que oui. Selon elle, même si elle a très bien réussi en affaires, elle n'est, encore aujourd'hui, qu'une « testeuse de vibrateurs ».

« Je dis souvent aux jeunes filles d'être prudentes parce qu'au-delà du «trip» de faire une scène, il y a le regard des proches, des parents et de la société qui change automatiquement », a dit au Journal de Québec celle qui est copropriétaire de la boutique Planète X avec son conjoint Jean-Luc Audet.

« Lorsqu'on signe un contrat, il n'y a plus rien de privé là-dedans. On le sait qu'on gagne un cachet et on le sait que ça va être diffusé. Ce n'est pas comme des échangistes filmés à leur insu. Cette jeune femme-là savait ce à quoi elle s'exposait, reste à savoir maintenant si elle avait mesuré les conséquences réelles de ses gestes », a commenté celle qui a tourné dans un film érotico-humoristique à la fin des années 90.

Même son de cloche du côté du propriétaire de Pégas Productions qui a « engagé » Samantha Ardente pour l'un de ses films.

« On explique toujours aux gens ce à quoi ils s'exposent. On leur dit où ils seront vus et ce que cela implique au niveau de la visibilité », a expliqué Nicolas Lafleur, propriétaire de la boîte de production depuis 2006. « Elle est très nerveuse et son but ce n'était pas de perdre son emploi. Aussi, je ne crois pas qu'elle l'avait dit à tout le monde, alors ce n'est pas évident pour elle », a-t-il dit. Il a par ailleurs mis sur le site internet de sa compagnie un lien vers une page Facebook pour offrir un appui à la jeune femme.

Pour ce qui est de « l'avenir » d'actrice de Samantha, le producteur se fait vague et intrigant. « Pour l'instant, il n'est pas question de tourner d'autres scènes, toutefois, de nouveaux extraits pourraient éventuellement se retrouver sur le site de la compagnie ».

Des appuis sur Facebook

De nombreuses réactions sont venues fleurir, mercredi, la page Facebook de Samantha Ardente. Voici quelques-uns des commentaires recueillis par le Journal de Québec :

«Ça va la placer sur la map du porno. Dans le fond, c'est un coup de marketing!» - Guillaume Langlois

«Vous devriez voir tout ce qui se passe dans les partys d'enseignants! Il ne faudrait pas que tous les étudiants sachent ça, car certains enseignants se sentiraient très mal!» - Julie Pelletier

« Bonne méthode pour le décrochage scolaire des garçons! Je ne peux pas croire qu'ils vont la mettre dehors. » - Francis Cossette

« Ils ne devraient pas la suspendre, ils devraient l'augmenter! Maintenant, les jeunes vont être contents d'aller à l'école! » - Bryan Gagnon

« Je ne vois pas pourquoi une actrice porno n'aurait pas le droit de travailler dans une école. Oui, ça risque de déranger quelques élèves... mais ça ne fait pas d'elle une personne mauvaise. C'est simplement un travail. » - Sam Norris Lachance

« Ce n'est tellement pas grave et il n'y a rien d'illégal. Quel mal ça peut bien faire à qui que ce soit? On devrait lui rendre son job et la laisser tranquille. » - Jimmy Mathieu

« Pourquoi les commissions scolaires ne font pas des "tests pipi" pour la drogue? Il y en a qui seraient très surpris des résultats. Je crois que la drogue, c'est pire qu'un simple travail dans la pornographie que même les directeurs d'école regardent de temps en temps. » - Dany Ouellet

« À tous ses détracteurs : si on la met à la porte pour cela, il faudrait aussi virer tous les profs d'éducation physique obèses qui osent manger du McDonald's la fin de semaine. Il faudrait aussi virer tous les profs qui fument, car ils donnent le mauvais exemple. De plus, ce n'est pas parce que cette femme fait ce métier que tous les jeunes diront : "Oh oui! Moi aussi, c'est ce que je veux faire dans la vie..." » - Bélinda Jomphe

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