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Memphis

Aucune gêne à subventionner des emplois

Le maire A.C. Wharton jr a été impliqué à tous les instants lors des négociations pour attirer et conserver Electrolux dans sa ville.
©AFP/ Archives/ JOE MURPHY Le maire A.C. Wharton jr a été impliqué à tous les instants lors des négociations pour attirer et conserver Electrolux dans sa ville.

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Le maire de Memphis n'a aucune gêne à justifier les 130 M$ que lui et d'autres politiciens du Tennessee ont réussi à trouver pour convaincre la compagnie Electrolux de s'installer dans cet État du sud des États-Unis.

«Si on ne dépense pas 10 000 $ pour créer un emploi, la triste réalité, c'est qu'on va le dépenser autrement : en cellules de prison, en soins de santé psychologique ou en centres de détentions juvéniles... C'est ma façon pragmatique de voir ça», a déclaré au Journal de Montréal le maire de Memphis, A.C. Wharton jr.

Ancien avocat commercial élu en 2009, ce dernier avoue que son raisonnement est peut-être simpliste, mais après avoir connu trois années de chômage élevé à Memphis, il estime qu'on sous-évalue trop souvent les coûts sociaux d'une crise économique et la disparition des emplois.

«Au moins, dit-il, quand je dépense cet argent pour un job pour vous, j'investis en vous. On ne peut pas dire que 10 000 $ pour une cellule de prison sont un bon investissement... »

Memphis a promis de prolonger des routes et chemins de fer, d'aider à la formation des employés et de fournir des rabais de taxes considérables pour convaincre Electrolux, qui avait aussi une usine au Tennessee, à ne pas déménager ses installations au Mexique, comme prévu.

Par le fait même, elle a aussi convaincu l'entreprise d'y déménager son usine de l'Assomption, au Québec, qui compte 1 200 employés, sans compter ceux de ses nombreux fournisseurs.

De l'argent pour Kruger aussi ?

L'économie américaine continue à traîner de la patte depuis la dernière crise économique, et certains politiciens n'hésiteront pas à sortir de grosses sommes pour courtiser des entreprises, incluant celles du Québec.

Cela pourrait d'ailleurs être un facteur qui pourrait convaincre la papetière Kruger à réaliser là-bas un agrandissement de plus d'une centaine de millions de dollars, plutôt qu'à son usine de Crabtree, près de Joliette, pour accroître sa production de papier de toilette.

Compagnie privée très discrète, dirigée par l'énigmatique multimillionnaire québécois Joseph Kruger, la division de papier de toilette Kruger n'a pas encore fait connaître sa décision, et n'a pas retourné notre appel.

«Ce serait inapproprié pour moi de dire ce qu'on est prêt à faire pour eux (Kruger), note le maire Wharton, mais nous sommes très intéressés de les avoir ici...»

Rien comme une poignée de main

Les subventions sont une chose, mais la volonté politique est aussi très importante dans cette compétition pour attirer les investissements dans sa ville, selon le maire Wharton.

«Ici, nous sommes très impliqués. Je ne connais aucun courriel ou message texte qui vaut autant qu'une poignée de main ou qu'une rencontre face à face.»

«En ces temps extrêmement compétitifs entre les villes, dit-il, il est plus important que jamais d'être convaincants, de bien connaître les forces de sa ville et de les communiquer facilement. Je passe plus de temps à lire le Wall Street Journal et le New York Times que n'importe quel autre journal pour trouver ce que font mes concurrents et ce que veulent les entreprises.»

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