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Opinion

«Je suis celui qui est» - le maire Labeaume

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Cette phrase de Yahvé à Moïse résume bien la situation de délire qui perdure dans les officines municipales à Québec.

Ce n'est pas la première fois que Labeaume souffre d'égocentrisme et pèche par excès d'émotion.

Au conseiller Fecteau en 2008, il dira en pleine séance du conseil municipal «Attend mon hostie, je vais t'en câlisser une dans l'front.» Puis, ce furent les attaques en règle contre la journaliste Isabelle Porter. Et aussi les propos désobligeants en-vers le maire d'Ancienne-Lorette, Émile Loranger «revenu de Floride». Et encore plus récemment, de façon complètement déplacée, un Labeaume qui s'est même permis de donner des ordres au ministre Laurent Lessard, en le sommant de dévoiler «son jeu» avant que lui-même ne décline comment s'est justifié le choix de Quebecor en tant que gestionnaire du futur amphithéâtre. Ou de déclarer candidement en public que le président du syndicat des cols blancs de Québec, Jean Gagnon, a besoin «de soins».

Il faut l'admettre, le dossier de l'amphithéâtre est mal foutu depuis le début.

Tel un bébé qui exige son jouet, Labeaume matérialise en sa seule personne l'égoïsme populaire complètement épuré de toute forme de raison. Chaque étape du dossier est bâclée et entourée de brouillard. Monsieur le Maire négocie en secret et se lie par des voeux de confidentialité. À s'entêter de la sorte, il faudra finir par y mettre une commission d'enquête tellement l'affaire relève du burlesque et du mystère.

Passé maître dans l'art de rêver, Labeaume ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis. Pas même un clou d'enfoncé qu'on voit déjà le site comme étant la future cité du Cinéma de Québec avec des studios high-tech qui surpasseront ceux de Montréal. Pourquoi pas un Casino, tant qu'à faire !

Là où Montréal a échoué, l'empereur réussira ! «Toé, le fédéral, garde-la ton argent pour les infrastructures. Tu n'as plus d'affaire dans le portrait», de crier Labeaume ! Mais qui paiera alors pour les voies d'accès, les stationnements, et la modernisation des services d'égout et d'aqueduc ? Et si l'endroit nécessitait une décontamination ?

Labeaume n'en est pas à son premier dossier piloté en amateur. Rapaille, engagé sans vérification et sans appel d'offres, puis la candidature au Forum des cultures, sans évaluation des coûts. Alors que le projet d'amphithéâtre devait naître d'un besoin réel, Labeaume -par sa gestion émotive -est sur le point de transformer l'opération en véritable cauchemar où les enquêtes se multiplient et où les doutes fu-sent de toute part.

Qu'à cela ne tienne. Le bulldozer Labeaume gouverne par décret. Et que ceux et celles qui s'érigeront devant ce constructeur de cathédrales se le tiennent pour dit : vous avez tort. Et si vous êtes fonctionnaires municipaux, eh bien vous êtes des lâches et vous fourrez le système. La bulle pontificale vient de tomber : vous êtes tous des pourris.

Parlez-moi d'un maire qui se tient de-bout ! On l'aime notre maire à Québec. Y voit grand notre maire. Il nous fait rêver. Y a du front tout le tour d'la tête, ce Labeaume. Y dit tout haut ce que le monde pense tout bas.

Labeaume souffre du délire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf. Ne te gonfle pas ainsi, Régis. Accepte ton état et rêve à ta mesure ! Et n'oublie pas. Les fonctionnaires ne sont pas le tapis sur lequel tu dois t'essuyer les pieds.

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