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Opinion

La fin de la Grande Séduction?

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Depuis quelques années, on voit certaines villes et municipalités régionales de comté utiliser l'argent des contribuables pour attirer des médecins en régions éloignées afin de pallier la pénurie grandissante de ressources et des départs à la retraite. Une action basée sur un idéal noble : celui d'assurer la pérennité des services et d'attirer de nouvelles familles dans nos régions.

C'est ce qu'une municipalité régionale de comté a fait dans la région de St-Hyacinthe. On a mis de l'argent des contribuables municipaux dans un projet de coopérative de santé. Ailleurs, on a mis sur pied un régime de bourses d'études pour les futurs candidats médecins avec promesse de venir s'établir chez le bienfaiteur. D'autres ont donné des maisons ou des terrains gratuits, un local sans frais et même des crédits de taxes. Tout ça dans la plus complète illégalité. Bref, diverses méthodes ont été utilisées, le tout toujours accompagné de bonnes intentions. Le film La Grande séduction faisait d'ailleurs grand état de méthodes plus originales les unes que les autres dans ce qui est convenu d'appeler l'épopée burlesque de la survie de nos régions.

Mais voilà que le couperet est tombé à la direction régionale de la Montérégie du ministère des Affaires municipales. Investir des fonds publics dans le but d'attirer des médecins ou des professionnels de la santé ne constitue pas une «dépense municipale», donc le geste qui en découle est illégal. Les élus s'exposent même à des sanctions sévères, de même que les directeurs généraux qui cautionnent de tels gestes.

Position

Une fois le débat légal réglé, il faut maintenant que Québec adopte une position. La seule qui aurait dû tenir depuis le début. Non pas celle d'utiliser l'argent des contribuables municipaux pour aller à la chasse aux médecins, mais plutôt l'obligation de Québec de respecter sa propre loi sur la santé qui exige du gouvernement et qui donne un droit aux patients à un service de santé adéquat. Ainsi, il faut garantir une égalité à un service minimal qui respecte les besoins des populations des régions.

En respectant sa propre loi, Québec décharge les élus municipaux d'une juridiction pour laquelle ils n'ont ni la compétence, ni les budgets ou même le temps pour y vaquer de façon raisonnable. Il est déplorable de constater qu'en cette époque où l'on prêche pour la cure d'amaigrissement des organismes de l'État, on poursuit l'engraissement des responsabilités monstrueuses qui sont maintenant dévolues aux MRC.

Les pendules à l'heure

Les MRC ne sont qu'une autre forme de gouvernement futile qui ne devait servir, au départ, qu'à l'aménagement du territoire en concertation régionale avec les municipalités membres. Maintenant, la MRC est devenue la chasse gardée de quelques roitelets directeurs généraux qui souffrent d'obésité morbide sur le plan administratif tout en s'encrassant les ouïes avec l'argent des municipalités, sans même avoir le courage d'émettre un compte de taxes ou d'affronter la population en élection générale.

Oui, la décision du ministère des Affaires municipales vient remettre les pendules à l'heure au sein des MRC du Québec. Dorénavant, avant de lancer la grande séduction avec l'argent des contribuables, ils devront se poser la question préalable. Celle de la légalité de la dépense.

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