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Épidémie | Hépatite C

1000 nouveaux cas par an

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Peu connu avant le début des années 2000, le virus de l'hépatite C (VHC) a atteint un niveau épidémique dans la région de Montréal. Une situation qui tient sur le qui-vive la Direction de santé publique (DSP).

«Depuis quatre ou cinq ans, il y a environ 1 000 nouveaux cas annuellement», mentionne le Dr Richard Lessard, directeur de la DSP de Montréal.

Un chiffre qui ne représenterait qu'une fraction du nombre réel de cas.

«On ne peut pas savoir le pourcentage des personnes infectées dans la population en général. On connaît seulement la situation des personnes qui ont effectué le test de dépistage», explique-t-il.

On sait toutefois que le mal circule dans tous les arrondissements de la ville. «Au début, le VHC était surtout présent au centre-ville et dans le Sud-Ouest, mais on le localise actuellement partout sur l'île.»

Attention aux seringues

Près de 50% des personnes infectées sont ou étaient des utilisateurs de drogues injectables. «Le VHC se transmet par le sang. L'échange de seringues est donc la voie royale pour la contamination », rappelle le Dr Lessard.

Une donnée qui dicte la voie à suivre pour attaquer de plein front ce virus, qui frappe trois fois plus souvent les hommes que les femmes.

«Dans les CSSS et les lieux où on échange des seringues, nous faisons beaucoup de sensibilisation auprès des individus qui s'injectent des drogues», soutient le directeur de la DSP.

«Dans 95 % des cas, les personnes qui s'échangent les seringues seront infectées dans les six premiers mois après avoir commencé à consommer.»

L'implantation de sites d'injections supervisés est donc une voie qui pourrait être envisagée pour enrayer le fléau. «Il faut s'améliorer au plan de la prévention, du dépistage et du traitement pour éviter que la boule de neige continue de grossir. Il faut la faire fondre», illustre le Dr Lessard.

Pas seulement les injections

Dans une moindre mesure, d'autres types de consommation de drogues posent également problème, explique Sandra Trifa, infirmière spécialisée dans les dossiers liés au VHC et au VIH.

«Les pipes utilisées pour fumer du crack représentent un risque, car elles peuvent occasionner des brûlures et des saignements aux lèvres», fait-elle remarquer.

L'infirmière précise également que l'inhalation par voie nasale est un vecteur de propagation, car la présence de microlésions au niveau du nez est suffisante pour contracter la maladie, qui serait beaucoup plus virulente que le VIH.

«Les taches de sang virales du VIH meurent après avoir été exposées quelques secondes à l'air ambiant. Mais, dans le cas de l'hépatite C, elles demeurent virales pendant 16 heures à la température de la pièce et pendant 163 jours dans une seringue», prévient Mme Trifa.

En 2009, 45 % des diagnostics de VHC au Québec ont été effectués à Montréal.

Le VHC attaque le foie. Une transplantation de cet organe coûte environ 500 000 $.

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