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Santé

Les pauvres écopent

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«La profession de psychologue est en voie de se privatiser», constate Martin Bourque, psychologue.

«Les pauvres et les personnes qui n'ont pas les moyens de se payer des rendez-vous à 100 $ de l'heure n'auront presque plus accès à des services de santé mentale», prévient-il.

Prendre son mal en patience

«Déjà, il n'est pas rare de voir 100 personnes sur une liste d'attente pour rencontrer un psy. Les agences de santé régionales nous demandent de voir un nouveau patient par semaine. Mais malgré ce rythme infernal, le client peut quand même attendre pendant neuf mois», relate M. Bourque.

Une situation qui ne fait que s'empirer, le réseau public héritant selon lui, d'une clientèle plus complexe et demandant un plus long suivi.

"Quelqu'un qui souffre de dépression, de deux troubles de personnalité et d'une toxicomanie, c'est régulier. Ces clients demandent plusieurs mois de services.

Éviter le pire

Ces longs délais viennent mettre en danger non seulement la vie du client, mais également celle de son entourage, ajoute le DrGilbert Desmarais, chef de discipline en psychologie à l'hôpital Louis-H. Lafontaine.

«Le fait d'être moins apte à répondre rapidement aux besoins contribue à ce que l'on voit dans les journaux depuis quelque temps : beaucoup de suicides, des homicides, des cas de détresses. Et ce que l'on voit, ce n'est que la pointe de l'iceberg.»

Une situation que déplore également Agnès Alonzo.

«On fait des campagnes de sensibilisation pour dire qu'il est important de parler de ces problèmes et d'aller chercher de l'aide. Mais si on n'a pas accès aux ressources, ça ne règle pas le problème», conclut-elle.

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