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Les psys crient à l'aide

« Le salaire maximal d'un psychologue du réseau public québécois est de 70 000 $ alors qu'il est de
130 000 $ en Ontario », dénonce Martin Bourque (à droite), en discussion avec le Dr Gilbert Desmarais.
© Serge Forgues/Agence QMI « Le salaire maximal d'un psychologue du réseau public québécois est de 70 000 $ alors qu'il est de 130 000 $ en Ontario », dénonce Martin Bourque (à droite), en discussion avec le Dr Gilbert Desmarais.

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Réclamant de meilleurs salaires afin d'atténuer l'exode vers le privé, une coalition de psychologues menace de suspendre la supervision et la formation des étudiants en psychologie.

«Depuis 2006, le nombre de postes vacants dans le réseau public a triplé et la tendance ne cesse de s'accentuer», note Martin Bourque, membre de la Coalition pour l'accessibilité aux services de psychologues dans le réseau public québécois (CAPP).

«Il y a actuellement 240postes qui ne sont pas comblés. On prévoit qu'il y aura 1 000 postes vacants dans 15 ans, alors qu'on compte 2 300 psychologues dans le réseau actuellement», précise M. Bourque.

Salaires peu élevés

Malgré quelque 8 500 psychologues actifs, un nombre équivalant à ce qu'on retrouve dans toutes les autres provinces canadiennes réunies, le réseau public québécois est en «pénurie artificielle», principalement en raison d'une iniquité salariale, estime la CAPP.

«En moyenne, un psychologue dans le réseau public gagne 55 000 $ annuellement alors que dans le privé, tu peux faire au moins trois fois ce salaire», relève M. Bourque

Pas de stage ?

Ce dernier assure que la menace de suspendre la supervision des stages dès le mois de septembre n'a pas été prise à la légère. «On est conscient qu'elle affecte nos futurs collègues. Mais c'est le seul moyen que nous avons trouvé pour sensibiliser l'État à notre situation sans toucher aux services à la clientèle», avance-t-il.

«Les étudiants comprennent la situation et savent qu'on le fait aussi pour eux et pour le futur de la profession.»

Les doctorants déplorent néanmoins la position dans laquelle ils se retrouvent. «Nous sommes pris en otage. Nous appuyons leurs revendications, mais sommes victimes des moyens de pressions », déplore Agnès Alonzo, étudiante au doctorat à l'Université de Montréal.

Cette dernière admet toutefois qu'une hausse des salaires rendrait le réseau public plus attrayant pour les nouveaux psychologues.

«Après un doctorat de cinq ans, nous arrivons sur le marché du travail avec une dette moyenne de 30 000 $ et on nous offre un salaire de 20,50 $ de l'heure. [...] C'est sûr que c'est très tentant d'aller gagner 100 $ de l'heure au privé.»

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