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Proposition de CAQ

Médecins de famille pour tous

Charles Sirois, François Legault et le Dr Lionel Carmant croient qu'un meilleur accès à un médecin de famille permettrait de
désengorger le système de santé.
© Serge Forgues/Agence QMI Charles Sirois, François Legault et le Dr Lionel Carmant croient qu'un meilleur accès à un médecin de famille permettrait de désengorger le système de santé.

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Estimant que « la survie du programme de santé universel est en péril », la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) est d'avis que le redressement du réseau public passe par l'accès à un médecin de famille pour tous les Québécois.

Lors d'une conférence de presse tenue hier, la CAQ a insisté sur l'importance d'accroître l'efficacité du système de santé public sans pour autant donner une place accrue au secteur privé.

« Beaucoup de Québécois ont baissé les bras et se disent que le système de santé est un gouffre sans fin et qu'il n'y a rien à faire. La Coalition n'est pas défaitiste », a lancé d'entrée de jeu François Legault, qui était accompagné de Charles Sirois et du Dr Lionel Carmant, pédiatre à l'Hôpital Sainte-Justine.

La pièce maîtresse du plan de M. Legault vise directement les 8 200 médecins de famille, suffisamment nombreux à son avis pour assurer que toute la population soit prise en charge.

Pour se faire, il propose que chaque omnipraticien prenne en charge entre 1 000 et 1 500 patients.

Une mesure qui, pour séduire les médecins, serait accompagnée d'une révision du mode de rémunération des médecins engendrant des coûts additionnels de l'ordre de 500 millions $.

« C'est beaucoup d'argent, mais on pense que s'il y a un endroit où il faut investir, c'est là », fait valoir ce dernier.

Fini les agences

La CAQ suggère également l'abolition des agences de la santé en redéfinissant les rôles joués par le ministère de la Santé et les CSSS, ce qui per mettrait d'économiser 100 millions $ annuellement.

« Les CSSS structurent les CLSC, les CHSLD et les hôpitaux. Le rôle de coordination des agences devient moins important », mentionne M. Legault.

De son côté, M. Sirois fait valoir qu'on applique ainsi le principe de décentralisation. « Il faut que le centre de décision soit le plus près possible d'où sont donnés les services. Ça amène des économies, mais ce n'est pas l'objectif principal », précise-t-il.

Des ordonnances plus longues

Les honoraires versés aux pharmaciens, qui représentent 31 % du coût total du régime public d'assurance médicament, sont également dans la mire de la CAQ.

Pour réduire la facture, qui s'élève à 1,2 milliard $, la coalition souhaite que les ordonnances pour les patients dont l'état est stable soient remplies tous les trois mois plutôt que mensuellement.

Une pratique qui a fait ses preuves ailleurs au Canada, rappelle M. Legault.

« Certains vont dire qu'il y a un risque de mélange de médicaments, mais je me dis que ça se fait dans les autres provinces. On ne doit pas être plus con que les autres. »

De l'avis de M. Legault, l'ensemble de son plan pourrait s'appliquer dans un délai de quatre ans si la volonté politique y était.

Le plan Legault en bref

Médecine familiale

Création de groupes de médecine familiale (GMF) regroupant une dizaine d'omnipraticiens et offrant une prise en charge de la population pendant les sept jours de la semaine.

Les GMF doivent permettre au médecin de famille d'assurer la continuité des soins à son patient, même dans le cas d'une hospitalisation, via une plus grande collaboration avec les médecins spécialistes.

Plus d'efficacité

Le financement des hôpitaux devrait être déterminé par l'activité réelle plutôt que l'historique de dépenses, ce qui permettrait d'améliorer l'accès, la qualité et l'efficience des soins, considère la CAQ.

Les directions d'établissements devraient conclure des ententes avec les médecins afin d'établir le volume d'activités à réaliser.

Donner plus de pouvoir aux directeurs d'établissements, les hôpitaux étant « des paquebots qui sont devenus ingouvernables », selon François Legault.

Le coût des médicaments

Remplacer la règle des 15 ans, qui permet aux compagnies pharmaceutiques qui mettent un médicament innovateur sur le marché de réclamer un prix élevé durant cette période, par des crédits d'impôts.

Permettre aux pharmaciens d'adapter et de prolonger des ordonnances dans certaines situations.


Ce qu'ils ont dit

«On devrait alléger les agences de la santé plutôt que de les abolir, car les régions ont besoin de se sentir reconnues. De plus, la CAQ n'a pas abordé les questions liées au vieillissement de la population.» - Lise Denis, directrice générale de l'AQESSS (Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux.

« On reconnaît les principales demandes de la FMOQ pour favoriser un meilleur accès à un médecin de famille. C'est une autre voix qui se lève pour demander un investissement dans les soins de première ligne.» - Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ)

«Ces idées sont cohérentes avec les positions de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Je considère que c'est faisable très rapidement pour un gouvernement qui aurait la volonté de le faire.» - Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)

«L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires n'est pas contre les ordonnances aux 90 jours, mais il ne s'agit pas d'une solution miracle. Plusieurs clients ne peuvent obtenir des médicaments pour une aussi longue période.» - Vincent Forcier (APPQ)

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