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Procès Turcotte

Des citoyens sous le choc

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SAINT-JÉRÔME - Des patients et des employés de l'hôpital où travaillait Guy Turcotte avant d'enlever la vie à ses deux enfants sont «révoltés» par le verdict de non-responsabilité pour troubles mentaux rendu hier contre l'ex-cardiologue.

Sitôt connue, la nouvelle de sa non-responsabilité responsabilité criminelle s'est répandue comme une traînée de poudre à Saint-Jérôme.

Les échos de l'affaire résonnaient plus particulièrement sur le site de l'Hôpital régional de Saint-Jérôme, où Guy Turcotte et son ex-conjointe, Isabelle Gaston, travaillaient comme médecins.

Tous les patients et les employés interrogés hier par le Journal ont dénoncé noncé la décision des sept femmes et des quatre hommes du jury, qui ont refusé d'envoyer l'ex-cardiologue en prison après cinq jours de délibérations.

L'idée que l'homme de 39 ans puisse sortir d'un institut psychiatrique dans quelques mois les a aussi fait bondir.

Indignation généralisée

«Je suis révoltée, furieuse, choquée. Cet homme-là méritait la prison. On ne tue pas ses enfants sans savoir ce qu'on fait, c'est impossible», s'est emportée Maude Saint-Jean, enceinte de sept mois.

«Il n'en a pas tué un, mais deux. Et il a continué même s'il les entendait souffrir», a ajouté Mme Saint-Jean, complètement hors d'elle.

La jeune femme de 23 ans et son conjoint, Dannick Denis, se sont dit ébranlés, d'autant plus qu'ils attendent leur deuxième enfant.

«C'est enrageant de voir que la justice tice n'est jamais au rendez-vous. C'est vrai qu'il faut être fou pour tuer ses propres enfants», a tonné M. Denis.

«Moi, c'est simple, tout ce qui est assassin d'enfants, agresseurs et violeurs, je les ferais disparaître», a dit Paul, autre patient de l'endroit, faisant allusion à la peine de mort.

Vers l'heure du midi hier, le jury a conclu, à l'unanimité, que Guy Turcotte n'était pas conscient de ce qu'il faisait le soir fatidique du 21 février 2009.

Rappelons que le docteur était inculpé d'avoir assassiné ses deux enfants, Olivier et Anne-Sophie, pour se venger de sa femme qui l'avait laissé pour un ami du couple.

Ex-collègues furieux

Plusieurs employés de l'hôpital de Saint-Jérôme ont tenu des propos durs à l'endroit de leur ex-collègue Guy Turcotte, allant jusqu'à le qualifier d'«assassin ».

«Quelqu'un qui tue ses propres enfants, comment vous appelez ça, vous ?» a ironisé un employé sous le couvert de l'anonymat.

«Ça m'enrage, ça me rend furieuse. Tuer ses propres enfants. C'est bien beau, la folie passagère, mais moi, j'y crois pas», a tonné Karine, une employée de l'urgence qui assure avoir côtoyé le couple de médecins de près.

«C'est simple, si ça avait été nous, les jurés, nous l'aurions tous condamné à la prison à vie», a affirmé un autre employé de l'hôpital. Ses trois autres collègues ont acquiescé.

Des citoyens sceptiques

Dans la rue, dans des cafés et lieux de restauration rapide de Saint-Jérôme, les citoyens ne faisaient que parler de ce verdict controversé.

«La maladie mentale, c'est trop facile. C'est quoi le message que ça lance à la population ? C'est : trouvez-vous un bon avocat puis vous allez pouvoir tuer du monde», a lancé Louise Bayard.

Pour Clément Bourcier, le statut de Guy Turcotte lui a évité la prison. «C'est bien parce que c'est un médecin qu'il s'en est sorti. Si vous et moi avions fait la même chose, on serait allés tout droit en prison», croyez-moi, a opiné M. Bourcier.

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