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Congestion de Bixis

Sarah Canetti est arrivée en retard d'une demi-heure au travail, parce que les stations étaient pleines.
© Reynaldo Marquez Sarah Canetti est arrivée en retard d'une demi-heure au travail, parce que les stations étaient pleines.

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Sarah Canetti est furieuse d'être arrivée en retard d'une demi-heure à son travail, hier matin, faute d'avoir pu trouver un espace de disponible pour garer son Bixi. Plusieurs autres usagers dénoncent le manque de points d'ancrage pour remettre leur vélo libre-service.

Comme tous les matins, la jeune femme de 27 ans a enfourché un Bixi pour se rendre au boulot, dans une bijouterie de l'arrondissement Rosemont-Petite-Patrie.

Une fois arrivée à destination, une bien mauvaise surprise l'attendait. «J'ai voulu garer mon Bixi à ma station habituelle, mais elle était pleine. J'ai cherché dans les stations environnantes, mais elles étaient toutes pleines aussi. C'est incroyable», tonne Sarah Canetti.

Elle a finalement dû se résoudre à garer son Bixi «beaucoup plus loin» avant d'arriver en retard au travail, au grand mécontentement de son employeur, déplore Mme Canetti.

Comble de l'ironie, c'est la troisième fois en seulement deux semaines qu'un incident du genre lui arrive, a-t-elle confié au Journal, lorsque rencontrée sur le Plateau Mont-Royal.

Il doit revenir sur ses pas

Le manque de points d'ancrage pour garer ces vélos-libre service fait aussi d'autres malheureux.

Une page publique du réseau Facebook regroupe plusieurs témoignages qui vont en ce sens. Celui d'un Montréalais, Bruno Ledoux, est particulièrement révélateur.

«Une fois j'ai décidé de prendre un Bixi pour effectuer un trajet de 1,3 km et qui demande normalement 17 minutes de marche», écrit M. Ledoux.

À cause que toutes les bornes étaient pleines autour de sa résidence, M. Ledoux a dû faire le tour de son quartier pour finalement revenir sur ses pas et stationner le vélo près de son point de départ. «J'ai finalement fait un voyage de 3,7 km, ça m'a pris plus de 35 minutes, ça m'a coûté 5 $ et je suis encore en maudit», ajoute-t-il.

Un problème là pour rester

Malheureusement pour les adeptes, ce genre de problème est là pour rester, selon le porte-parole de la Société de vélo en libre- service, Michel Philibert.

«Il y a 30 000 personnes qui utilisent un Bixi par jour. C'est l'équivalent d'un Tour de l'île au quotidien», se défend M. Philibert.

«Pour atténuer ce problème, nous avons ajouté 200 autres points d'ancrage pour porter leur nombre à 1200. Nous faisons de notre mieux pour améliorer le réseau», dit-il.

Les déplacements à la hausse

Le nombre d'usagers des vélos en libre-service Bixi a presque doublé cette année par rapport à l'an dernier, signe que les usagers les ont adoptés en dépit de la controverse qui les entoure.

« Le nombre de déplacements est passé, en moyenne, de 18 000 à 28 000 par jour, au cours des 12 derniers mois », explique Michel Philibert, porte-parole de la Société de vélo en libre-service, qui administre désormais le réseau Bixi.

Cette augmentation s'explique, en bonne partie, par le fait que les usagers se sont de plus en plus familiarisés avec les Bixi depuis que le service a été lancé par l'Administration Tremblay, en mai 2009, avance M. Philibert.

Les publicités qui sont apparues sur les vélos cette année, soulevant un tollé au passage, n'ont pas freiné l'enthousiasme des adeptes du Bixi.

Des défis supplémentaires

Par contre, cette hausse entraîne nécessairement des défis supplémentaires, admet M. Philibert, dont les manques de places pour garer les vélos.

« La redistribution des vélos demeure un problème. Mais c'est un défi qui est commun à tous les systèmes de vélo en libre-service sur la planète », dit M. Philibert.

Ce dernier en veut pour preuve un article paru récemment dans le journal français Le Monde dans lequel des usagers parisiens se plaignaient des ratés que connaît leur système Vélib.

« À Paris, ça fait quatre ans qu'ils ont instauré leur système et ils continuent à connaître des problèmes. Il n'y a pas de formule magique pour prévoir les déplacements des usagers », ajoute M. Philibert.

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