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Oui au couvre-feu la nuit

Un père de deux garçons décédés sur la route, la nuit, lance un cri du coeur

Oui au couvre-feu la nuit
Sur cette photo, Richard Couture regarde avec tristesse la croix placée à l’endroit où ses fils ont perdu la vie sur l’autoroute 15 Sud, à Candiac, en 2001. Photo le Journal, Serge Forgues

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Près de 10 ans après avoir perdu ses deux fils dans un accident de la route, Richard Couture poursuit son combat pour accroître la ­sécurité routière

Ayant déjà contribué à l’installation de bandes rugueuses en bordure des autoroutes, l’amélioration des garde-fous et l’arrivée des bandes réfléchissantes, M. Couture souhaite maintenant sensibiliser les jeunes aux dangers que représente la fatigue au volant, qui lui a arraché ses enfants en 2001.

« Après avoir rencontré un professeur de l’École de con­duite Tecnic, nous avons fait une vidéo montrant des images d’accidents ayant été causés par la fatigue et je présente un témoignage pour raconter mon histoire », explique M. Couture, qui souhaite ainsi capter l’attention des nouveaux conducteurs.

« Les jeunes ne nous écoutent pas. Ils se sentent invincibles. Pourtant, c’est toujours pendant la nuit qu’ils se tuent », constate-t-il.

« On se dit qu’on peut continuer, qu’on va arriver dans une dizaine de minutes. Mais souvent, ce type d’accidents survient justement quand on arrive près de notre destination », prévient-il.

Conscient que les mentalités ne changent pas du jour au lendemain, M. Couture se dit néanmoins encouragé du progrès de la cause qu’il défend depuis une décennie.

« Steve et Martin sont décédés, mais leur père va continuer de travailler pour eux », assure-t-il.

David et Goliath

« Militer pour accroître la sécurité routière, c’est une longue croisade. Mais je demeure convaincu que le petit David va remporter son combat contre Goliath. »

M. Couture applaudit d’ailleurs la récente recommandation du coroner Yvon Garneau d’imposer un couvre-feu de minuit à 5 heures aux jeunes conducteurs, mais estime que cette mesure pourrait être bonifiée.

« Il faut aussi penser aux jeunes en régions qui travaillent tard le soir », rappelle-t-il.

« Ce n’est pas comme à Montréal. Le transport en commun y est moins développé. On pourrait faire des exceptions pour leur permettre l’utilisation d’un véhicule pour aller travailler. Le but n’est pas de les empêcher de conduire, mais de leur donner la chance d’apprendre », insiste-t-il.

« Un jeune conducteur devrait obligatoirement être seul à bord de son véhicule pendant la première année. On pourrait ensuite lui permettre d’avoir un passager pendant la deuxième année et lever toutes les restrictions après trois ans si le jeune a fait preuve d’une bonne conduite », suggère M. Couture.

 

« Les jeunes ne nous écoutent pas.

Pourtant, c’est toujours la nuit

qu’ils se tuent »

– Richard Couture

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