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Le 11 septembre 2001 au service de l’art

Le 11 septembre 2001 au service de l’art
L'artiste canadien John Coburn expose dans Wall Street, jusqu'au 15 septembre 2011, près de 30 dessins de son expérience à Ground Zero après les attentats du 11 septembre 2001. Marie-Joëlle Parent, Agence QMI

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NEW YORK | L'artiste canadien John Coburn a un amour sans fin pour la ville de New York. Un amour qui va au-delà des mots. Depuis 30 ans, Manhattan est sa muse

Le 11 septembre 2001, alors que tous cherchaient un moyen d'aider, John Coburn a fait son chemin jusqu'à Ground Zero avec son calepin et ses crayons.

Certains sont venus déposer des chandelles, des fleurs, des lettres et d'autres ont donné du sang (qui n'a finalement jamais servi).

Immortaliser le moment

Impuissant devant une catastrophe plus grande que nature, John Coburn a décidé d'immortaliser ce peuple qu'il aime tant.

Assis sur sa petite chaise pliante, ses écouteurs crachant de la musique disco sur les oreilles, les autorités l'ont laissé faire.

Pour la première fois en dix ans, ses dessins sont exposés au grand public dans une galerie d'art de Wall Street. Je le rencontre alors qu'il accroche ses oeuvres aux murs des bureaux de la prestigieuse firme d'architecture Sciame.

Le Torontois a encore du mal à évoquer cette triste époque. Sa voix est étouffée par les larmes. Il prend de longues pauses.

Ses oeuvres sont un amalgame de scènes dont il a été témoin dans les cantines de pompiers ou dans les squares de la ville. C'est l'aumônier de la St Paul's Chapel qui, en voyant ses dessins, lui a donné l'idée d'en faire une livre sur la guérison.

Healing Hearts a été publié à 3000 exemplaires qui ont tous été remis aux familles des victimes. C'était sa façon à lui de faire sa part.

« Je parlais à cette mère canadienne qui a perdu son fils de 39 ans dans l’effondrement des tours. Elle n'a jamais pu se rendre à Ground Zero. Elle m'a raconté que mes dessins l'avaient transportée là où elle n'avait pu aller », dit l’artiste, la gorge nouée par l'émotion.

Un signe d’espoir

L'histoire de John Coburn est particulière. Un feu a complètement ravagé son atelier en 2006. Il a perdu tous ses biens et des milliers de dessins. Un seul cartable a été trouvé encore intact dans les cendres, celui de ses dessins originaux de Ground Zero. Certains ont les bordures brûlées.

« Je ne suis pas religieux, mais quand les pompiers m'ont remis ces dessins, j'ai vu ça comme un signe d'espoir et un message qu'il était temps de les montrer. Quelqu'un m'a dit que mes dessins étaient si imbibés de larmes qu'ils ne pouvaient pas brûler ».

  •  www.thehealingheartsproject.com

 

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