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Après le chaos, la corruption

La tragédie n’a pas éliminé la magouille : factures gonflées, 15 M$ volés, 100 personnes arrêtées...

Après le chaos,   la corruption
Le 24 août, des travailleurs s’affairaient encore à retirer des déchets des décombres. photo Reuters

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NEW YORK | Les attentats du 11 septembre 2001 ont fait ressortir le meilleur des New-Yorkais, mais comme le raconte un ancien enquêteur du Département d'Investigation de la Ville, même la reconstruction du World Trade Center n'est pas à l’abri de la corruption.

C'est difficile à croire, mais certains ont profité du chaos qui a entouré Ground Zero pour en tirer profit. « Il y a quand même eu beaucoup d'abus », raconte 10 ans plus tard Vincent Green. Ancien enquêteur, il était au coeur de l'unité anti-corruption de la Ville et enseigne aujourd'hui l'éthique à la City University de New York.

Durant la longue opération de nettoyage et de décontamination d'amiante, le site a été divisé en quatre pour que le DOI (Département d'Investigation) de New York puisse mieux surveiller les compagnies engagées.

« Il y a eu beaucoup de factures gonflées et de vols. Certains ont essayé de revendre des morceaux des décombres, des artefacts ou les métaux. Une statue d'un homme qui lit un livre a été volée. Plusieurs personnes ont été arrêtées », dit-il.

Payé en prison

En 2004, 23 employés ont été accusés de fraude dans l'opération de décontamination. L’un d'entre eux percevait même un salaire alors qu'il était dans une cellule de prison fédérale à Brooklyn.

Il y a eu toute sorte de magouilles. Une des plus incroyables est celle des guichets automatiques de la banque Municipal Credit Union. Les ordinateurs de leur siège social sur la rue Cortlandt juste en face de Ground Zero ont été endommagés dans l'écrasement des tours. Résultat, on pouvait retirer jusqu'à 5000 $ dans les guichets même avec un compte sans fonds. Certains se sont rendu compte de la faille et en ont abusé, volant jusqu'à 15 millions $ dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre.

Même des employés de la Ville

« Plus de 100 personnes ont été arrêtées, certains étaient des employés de la ville », raconte M. Green qui a fait partie de l'équipe qui a coordonné à Ground Zero l'acheminement de matériel, body bags et masques. Il vit aujourd'hui avec une vilaine toux chronique.

« On ne sait pas encore l'étendue des gens qui seront malades. Personne ne savait quel genre de masque donner. Certains n'étaient clairement pas efficaces », dit celui qui a fouillé pendant huit jours dans les décombres.

Avec le recul, il remarque que sa ville a perdu de son innocence. « On ne fait plus confiance autant aux gens. Mais New York se relève des plus grandes tragédies, c'est dans notre ADN », conclut-il.

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