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Habiter une cible

Les New-Yorkais éprouvent encore de la peur

Habiter une cible
Les forces de l’ordre sont maintenant partout à New York. À la station de ­métro Penn, un membre de la patrouille Hercules veille au grain. photo Reuters

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NEW YORK | Dix ans après les attentats du 11 Septembre, New York est plus que jamais une ville où il fait bon vivre. Néanmoins, le spectre du terrorisme est encore bien présent dans le quotidien des New-Yorkais. Il est difficile d’oublier que vivre à Manhattan signifie aussi habiter une cible.

La peur d’un attentat fait intrinsèquement ­partie de la vie new-yorkaise. Ce n’est pas quelque chose dont parlent les New-Yorkais, mais leur vie de tous les jours est ponctuée de rappels : leur cité n’est plus un empire ­inébranlable.

Selon un sondage réalisé par le Daily News/Siena College, un New-Yorkais sur ­quatre pense à un attentat terroriste chaque jour. Plus du tiers des New-Yorkais connaissent quelqu’un mort dans les attentats.

Il y a bien sûr les perpétuelles fausses alertes au colis suspect qui forcent la fermeture de quadrilatères. Parfois, la menace est réelle. Ce fut le cas le 1er mai 2010, lors de l’attentat ­manqué à la voiture piégée de Times Square.

Depuis, on a tapissé la ville d’affiches « If you see something, say something » (« Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose ») comme au lendemain du 11 septembre 2001. Il y en a dans les wagons de métro, dans les ­magazines et à la télévision.

Nombreuses mesures de sécurité

Il y a aussi des mises en garde aux endroits où on s’y attend le moins, comme dans la vitre d’un camion de crème glacée à côté d’une ­garderie : « If you suspect Terrorism, call the NYPD » (« Si vous soupçonnez du terrorisme, appelez la police de New York »).

Dix ans plus tard, New York demeure somme toute une ville où on se sent libre, mais n’entre plus qui veut dans ses immeubles.

On doit ­traverser un détecteur de métal à la Grande ­Bibliothèque de la 5e Avenue. Il faut montrer une carte d’identité dans presque chaque tour. Au Time Warner Center, qui abrite les studios de CNN, le contrôle de ­sécurité est digne de celui d’un aéroport.

C’est le cas également à Ellis Island. Pour visiter la statue de la Liberté, symbole ultime de la liberté américaine, on se fait fouiller une première fois avant de prendre le bateau, puis une autre fois sur l’île.

On passe à travers un scanneur qui nous bombarde de puissants jets d’air pour tester la présence de produits chimiques sur notre corps. Pendant ce temps, nos sacs passent aux rayons X.

3 000 caméras

New York a resserré sa surveillance vidéo. Un anneau de fer inspiré de celui de Londres, muni de 1 800 caméras, est désormais en ­fonction dans Downtown et Midtown. Il y en aura jusqu’à 3 000 à la fin du projet.

Près de 600 caméras ont aussi été ajoutées au réseau de métro, que plusieurs considèrent comme une cible potentielle. On y effectue des fouilles sporadiques avec chiens renifleurs. ­Miguel Gonzalez, avocat new-yorkais, se fait systématiquement fouiller quand il troque son complet de travail pour un ensemble sport avec sac à dos. « Plus mon sac est rempli, plus mes chances d’être arrêté par un agent du NYPD dans le métro augmentent. C’est un mal ­nécessaire », reconnaît-il.

À la veille de l’ouverture du Mémorial de Ground Zero, la présence policière dans ce ­secteur névralgique de la ville sera la plus ­imposante du pays, avec 670 agents en poste.

Les visiteurs du Mémorial devront passer à travers un contrôle de sécurité comme à l’aéroport, avec des centaines de caméras en circuit fermé pour détecter les colis suspects. On ­projette aussi d’installer des détecteurs de ­radiation à l’entrée des 16 ponts et 4 tunnels ­entourant Manhattan, selon Associated Press.

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