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11 septembre, 10 ans après

Deux survivants se souviennent

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NEW YORK - L'un était au 101e étage de la tour Sud, l'autre a échappé de justesse à l'écrasement des deux tours. Deux survivants new-yorkais qui ont vécu l'horreur de l'intérieur se remémorent cette journée. Ils ont eu de la chance, mais vivent encore aujourd'hui avec des séquelles psychologiques.

«Je n'oublierai jamais sa robe qui flottait au vent dans sa descente vers la mort. Beige avec des fleurs brunes». C'est le genre d'image que Mario Potenzieri, 61 ans, n'arrive pas à s'enlever de l'esprit même 10 ans plus tard. «Ou cet homme, les jambes collées, les bras le long du corps comme s'il sautait en parachute», ajoute cet électricien originaire du Bronx qui travaillait au World Trade Center.

Il se trouvait au bas des tours quand elles se sont écrasées. Il a été projeté sur le sol par la masse de débris. Il s'en est miraculeusement tiré avec un pied cassé et une blessure à la colonne. On lui a inséré des barres de métal dans le dos.

Il a subi un sévère choc posttraumatique et est encore médicamenté aujourd'hui. Il y a trois jours encore, en sortant fumer une cigarette, il s'est effondré en larmes. Il a dû déménager en Arizona en 2005. «À New York j'avais des crises de panique», dit celui qui a perdu cinq amis dans les attentats.

Pendant longtemps, M. Potenzieri a fait des cauchemars. «Tout le monde était minuscule avec de petits yeux noirs. Je criais aux gens de s'enfuir et sonnais à la porte du WTC».

M. Potenzieri fait partie d'un groupe de soutien aux survivants, le World Trade Center Survivors Network. Tout comme Robert Eisenhardt, consultant informatique qui travaillait pour Aon Consulting. Sa compagnie a perdu 175 employés ce jour-là.

M. Eisenhardt se trouvait au 74e étage de la tour Sud lorsque l'avion l'a frappée. Il se souvient encore du vacillement du gratte-ciel. «Environ 12 pouces.» L'avion avait percuté les étages 77 à 85.

«Je me trouvais tout juste 4 étages plus bas. Je me suis retourné et tout le monde était parti. Au bout du corridor, j'ai vu une immense boule de feu».

M. Eisenhardt a finalement réussi à évacuer la tour de justesse, il a sauté dans le métro jusqu'à Herald Square et c'est de là qu'il a vu le ciel de Downtown vide. Il n'oubliera jamais ce sentiment d'être en vie. «Même les pigeons devant le magasin Macy's me semblaient beaux.»

Chaque 11 septembre, à 9h59 précises, heure à laquelle la tour Sud s'est écroulée, il prend une grande respiration, s'agenouille et touche le sol en mémoire de ses collègues disparus. «Mais aussi pour remercier le ciel et la terre de m'avoir épargné.»

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