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La chronique de Gilles Proulx

La république du blablabla

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La démocratie n’étant que du blablabla, comme le déplorait Winston Churchill, nous avons tous les jours le spectacle d’une vie politique où l’on ne passe jamais de la parole aux actes. Que fera-t-on pour empêcher la « minorisation » des francophones à Montréal ? Rien. Mais on va interminablement en parler... Et on va dépenser une fortune en « études ­d’infaisabilité »...

Le rapport de l’Office québécois de la langue française (OQLF), la semaine ­dernière, sur la non-intégration de l’immigration à Montréal est un exemple de blablabla décourageant... Décourageant, parce que tout ce qu’on va trouver à dire, c’est qu’il va falloir d’autres rapports.

Comme par hasard, vendredi dernier, je vous parlais de l’impuissance de l’OQLF... Je pouvais difficilement mieux tomber, mais je me serais bien passé de cette mauvaise nouvelle : l’annonce de notre mise en minorité vers l’an 2031. ­Oubliez le slogan « Maître chez nous » de Jean Lesage. « Minoritaire chez nous », voilà la devise de notre avenir... peu avant que nous disparaissions et que nous ayons droit à l’épitaphe sardonique que nous destinait Olivar Asselin : « Ci-gît un peuple mort d’imbécillité. » Au ­sujet de Montréal, Gérald Laro­se a parlé de « winnipegisation ». Belle expression.

Continuons d’encourager le multiculturalisme et la mentalité communautariste de ceux que nous laissons prendre notre pays tout en nous ignorant. On sait maintenant que 50 % de nos immigrants ne veulent rien savoir de nous. Nous sommes trop ­timides et trop mous pour imposer le respect à ces gens que fascine, en revanche, le pouvoir intimidant de ­l’anglais.

Les oublis de Gérald...

Est-ce la trop forte concentration d’immigrants sur le chemin Queen Mary qui fait que notre premier magistrat, Gérald « Gerry » Tremblay, hésite à rebaptiser cette rue le « chemin du Frère André » ? Premier saint québécois de l’ère moderne, Alfred Bessette a œuvré des deux côtés du chemin en question, soit au Collège Notre-Dame, où il était portier, et, de l’autre côté de la rue, sur le mont Royal, où il a réalisé son plus grand miracle : l’érection de l’oratoire Saint-Joseph, qui attire quatre millions de visiteurs par an. Mais Gérald Tremblay et son administration craignent les « brailloramas » des ­résidents de la Queen Mary...

Pourtant, on a osé honorer Mordechaï Richler en donnant son nom à un kiosque à musique de Park Avenue... une rue que Gerald Tremblay n’a pas osé renommer avenue Robert-Bourassa. Grand admirateur de feu Robert Bourassa, son ami, Gérald Tremblay, tel l’apôtre saint Pierre, s’est renié trois fois, dans ce ­dossier... C’est aussi par crainte des hurlements des braillards qu’il redoute de franciser le nom de University Street. Oui, nous vivons vraiment dans une société de blablabla. Et bientôt ce blablabla ne se fera même plus en français.

Amherst, la rue de la variole

Parlant d’anglais, le général Amherst, qui a participé à un génocide en donnant aux Amérindiens des couvertures contaminées à la variole, nous a vaincus depuis longtemps. La rue qui honore ce glorieux baron anglais va continuer de s’appeler ainsi. Pourrions-nous raccorder cette rue à Chateaubriand, qui lui imposerait alors son nom ? Nous en avons parlé, mais nous ne le ferons pas. Encore une fois, ce n’était que du blablabla...

 

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