/news
Navigation

Partir dans la sérénité

monastère
Photo Jean-François Desgagnés Les Augustines ont aussi injecté 5 millions de dollars afin d’aider la fiducie pour le gestion courante des premières années du projet. La Ville de Québec (6 millions $), le gouvernement provincial (15 millions $) et le gouvernement fédéral (15 millions $) financeront les travaux de mise à niveaux des bâtiments, qui débuteront sous peu.

Coup d'oeil sur cet article

Les Augustines vivent leurs derniers instants dans leur monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec, qui sera transformé sous peu en lieu d’hébergement social et touristique.

 

Les membres de cette communauté fondatrice y ont vécu 370 ans. Ils cèdent ainsi un héritage évalué à plus de 100 millions de dollars, mais surtout un patrimoine à valeur mémorielle inestimable. Ce n’est pas avec regret, ni avec doléances, mais plutôt avec l’esprit rassuré que les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec acceptent leur départ.

Les deux ailes anciennes, datant du XVIIe siècle, la chapelle et l’église du bâtiment niché au cœur du Vieux-Québec, seront sous peu transformées dans le cadre du projet « lieu de mémoire habité », initié par les Augustines. Les religieuses, qui resteront propriétaires d’une petite section à l’écart des lieux transformés, cèdent donc la majeure partie du monastère à une fiducie à utilité sociale composée de plusieurs acteurs influents de différents milieux de la région, soucieux d’assurer la pérennité du patrimoine des Augustines. L’acte de fiducie sera signé dans quelques semaines, après l’assentiment du Vatican.

Bientôt en chantier

Travaillant en collaboration avec les sœurs, la fiducie, présidée par Me Bernard Cliche, a déjà enclenché les appels d’offres et se donne trois ans pour achever les travaux. Des employés s’affairent actuellement à mettre à jour la collection de 30 000 objets historiques que leur lèguent les Augustines.

Depuis que l’État a pris en charge les services hospitaliers, le monastère servait surtout à accueillir les familles défavorisées qui accompagnaient les malades hospitalisés à l’Hôtel-Dieu. Le monastère continuera d’offrir ce service, mais le projet vise aussi à réaliser un lieu d’hébergement pour un tourisme d’expérience culturelle. Ce type d’hébergement est de plus en plus recherché, surtout en Europe. Cinquante-huit chambres seront offertes pour les visiteurs qui pourront, pour environ 70 $ la nuit, loger au monastère.

Le lieu servira aussi de centre de ressourcement et de conférence. Un nouveau musée sera également aménagé dans le cadre du projet permettant d’ouvrir au public les portes de cloîtres datant de XVIIe siècle. Tant les sœurs que les dirigeants de la fiducie qualifient l’opération comme le geste de sauvegarde du patrimoine religieux le plus ambitieux à ce jour.

Religieuses et actuaires

Il y a longtemps que ces religieuses ont commencé à appréhender ce qui allait devenir inévitable en raison du déclin de leur communauté : la fin de la vie monastique telle qu’elles l’ont toujours connue. Après avoir longtemps accueilli 240 sœurs, la communauté s’est réduite dramatiquement depuis les années 50. Elles étaient environ 170 dans les années 60, une centaine au début des années 90, et sont dorénavant 30 ayant 82 ans en moyenne, dont 13 sont hospitalisées à l’Hôtel-Dieu. L’image de quelques religieuses, occupant un petit nombre de sièges pour se recueillir dans l’immense chapelle, demeure assez frappante.

Après avoir formé plusieurs comités d’étude et rencontré des actuaires, les Augustines voulaient trouver une façon d’assurer la pérennité de leur héritage et éviter d’en arriver à ce qui pouvait sembler inévitable : une reconversion en condos de luxe. Le monastère ne pouvait pas être intégré à l’Hôtel-Dieu, en raison de l’état et de la configuration des lieux.

Sœur Lise Tanguay, impliquée depuis le début du projet, explique que la communauté religieuse ne quitte pas avec regret le monastère. « Cela fait 20 ans qu’on réfléchit sur notre avenir. Nous sommes soulagées. On souhaitait que ça demeure un lieu de vie et d’hospitalité. Nous sommes choyées d’avoir eu l’aide des gouvernements. Autrement c’était un patrimoine qui était voué à la destruction ». Elle se réjouit surtout de savoir que l’héritage du patrimoine sera préservé. « On le donne de bon cœur. C’est rare que des sœurs se vantent, mais c’est un très gros legs qu’on fait à la population. »

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.