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Entrevue

Legault abolirait les cégeps

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 S’il n’en tenait qu’à lui, le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec, François Legault, ne se contenterait pas d’abolir les commissions scolaires. Il mettrait aussi la hache dans les cégeps.  

 

Dans le monde idéal de François Legault, les cégeps, dans leur forme actuelle, n'existeraient tout simplement pas. 

« Si on avait à rebâtir le système d'éducation, je pense qu'on ne devrait pas avoir de cégeps. On devrait avoir une sixième année au secondaire puis une quatrième année au bac à l'Université », a-t-il répondu à un étudiant universitaire qui l'a questionné sur la « pertinence des cégeps ». 

 La déclaration, qui est passée sous le radar la semaine dernière, a été faite devant 300 personnes dans le cadre de la tournée de la CAQ, qui faisait un arrêt à Longueuil. La station de radio 103,3 FM a été l'une des rares à diffuser l'extrait qui a piqué au vif la Fédération des cégeps (voir autre texte). M. Legault a notamment évoqué un « problème avec nos cégeps » et un problème « avec le taux de diplomation ». 

Belle place pour « fumer 

de la drogue »

« Je pense que c'est quelque chose qu'il ne faut pas éventuellement exclure (l'abolition des cégeps) parce que, comme le disent parfois certains parents, c'est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher », avait-il ajouté sur le ton de la boutade. L'ex-ministre de l'Éducation avait cependant émis de nombreux bémols quant à la faisabilité d'un tel chantier, rappelant qu'il y a 48 cégeps et qu'il ne peut s'attaquer à tout. « Il faut faire des choix », avait-il dit. 

Pas à court terme 

Appelé à s'expliquer, François Legault a clarifié sa position en entrevue au Journal. Il a annoncé qu'il n'a pas l'intention de s'attaquer à la structure des cégeps. Pour le moment du moins. 

« Je parlais plus du long terme. Mais dans un avenir prévisible, moi, je n'ai pas l'intention de toucher à ça si je reviens en politique. Il y a des priorités beaucoup plus importantes comme l'évaluation des enseignants au primaire et au secondaire. »

Conscient que son message ait pu être mal interprété, M. Legault a également précisé qu'il ne visait pas la formation collégiale technique (trois ans). « C'était le secteur général; tous ceux qui s'en vont à l'université font deux années de pré-universitaire dans les cégeps. C'est cette partie-là, si c'était à refaire, qu'on n'aurait pas dû mettre dans les cégeps. »

« Et la phrase que j'ai dite (sur la drogue) c'est un peu une caricature... Je voulais souligner aussi, parce qu'il y a un fond de vérité, qu'il y a un problème de drogue très important actuellement dans nos cégeps et j'ajouterais même dans nos écoles secondaires, et c'est une des causes importantes, à mon avis, du décrochage. »

 

* Déclaration de François Legault, à Longueuil, le 28 septembre:

« Si on avait à rebâtir le système d’éducation au Québec, je pense qu’on ne devrait pas avoir de cégeps. On devrait avoir une sixième année au secondaire, puis une quatrième année au bac à l’université.

 

 

«Là, la question qui se pose, c’est toujours la même chose; dans notre liste de priorités, on ne peut pas s’attaquer à tout. Il faut faire des choix. Est-ce que c’est en haut de la liste ou en bas de la liste? N’oublions pas qu’au Québec, il y a 48 cégeps avec 48 conventions collectives avec des bâtiments qui sont pour l’instant à peu près pleins.

 

 

«Si demain matin, on les ferme, puis qu’on envoie une année aux écoles secondaires, bien là, elles ne sont pas assez grosses, il faut les agrandir... Même chose avec les universités. Vous voyez, il y a beaucoup de brassage de structures. Par contre, je pense que c’est quelque chose qu’il ne faut pas éventuellement exclure, parce que, comme le disent parfois certains parents, c’est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher. Il y a un problème avec nos cégeps, il y a un problème avec le taux de diplomation et il va falloir faire quelque chose avec nos cégeps, ça c’est certain. »

 

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