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Ken Regan

Dans l’objectif de Ken Regan

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Mick Jagger a été son assistant lors des Jeux Olympiques de Montréal, Bob Dylan lui a donné un accès sans précédent et Caroline Kennedy a été sa stagiaire. En 40 ans de carrière, le photographe new-yorkais Ken Regan a accumulé 3,5 millions d'images. Il nous amène avec son nouveau livre dans les coulisses du rock&roll.

L'histoire de Ken Regan ressemble à celle du personnage principal du film Almost Famous. Né dans le Bronx dans une famille d'Irlandais, Ken reçoit sa première caméra à l'âge de 13 ans. Il se faufile alors dans les salles de spectacles avec sa caméra cachée dans son manteau. Il photographie Jimi Hendrix et Janice Joplin au mythique Fillmore East, la salle du producteur Bill Graham dans East Village.

« C'est Bill Graham (mort dans un accident d'hélicoptère en 1991) qui m'a ouvert toutes les portes et m'a présenté à toutes les grandes stars », raconte Ken, assis dans son bureau rempli de vieilles caméras, de cartes de presse et de photos en noir et blanc de Clint Eastwood, Martin Scorcese et des Beatles sur le tarmac de l'aéroport JFK en 1964 lors de leur premier voyage aux États-Unis.

« Au départ il me détestait ! dit-il à propos de Graham. Il me jetait dehors à chaque fois, jusqu'à ce que j'aie une première affectation officielle du New York Times magazine. Après le concert, je lui ai envoyé un exemplaire du magazine et une note de remerciement. Mon geste l'a impressionné, trois mois plus tard il me donnait un accès illimité à son établissement. »

Lien de confiance

Depuis ce jour Ken fait la même chose avec chaque personne photographiée, que ce soit Colin Powell ou Kevin Spacey. Il n'a jamais signé de contrat de sa vie, les ententes avec les stars se font par poignée de main et un lien de confiance entretenu au fil des décennies.

Une telle chose serait impensable aujourd'hui. « Un tel accès est impossible. Quand les groupes obtiennent un succès commercial ils sont entourés de relationnistes qui veulent tout contrôler. »

En suivant les Rolling Stones et autres groupes en tournée, Ken en a vu de toutes les couleurs, mais certaines photos ne verront jamais le jour, malgré les montants faramineux qu'on lui a offerts. « Ted Kennedy blague à propos d'un coffre dans mon studio qu'il surnomme les fichiers verrouillés ».

Au 8e étage de cet immeuble du Flatiron District où je le rencontre, on retrouve 3,5 millions de photos dans des classeurs protégés de draps noirs. Des agences tentent d'acheter sa collection depuis des années.

En attendant, il publie des livres comme All Access : The Rock 'n' Roll Photography of Ken Regan qui vient tout juste d'atterrir en magasins. Pour les fans de musique, c'est une mine d'or. Malgré son succès Ken demeure l'homme derrière la caméra, il ne donne pas d'entrevue télévisée et ne veut pas être photographié. « Je préfère que mes photos parlent d'elles-mêmes. »

All Access: The Rock 'n' Roll Photography of Ken Regan en magasin. Ken Regan sera à Toronto à la galerie Analogue à la fin du mois de novembre.

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