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la chronique d'Éric Duhaime

NON à la fusion CAQ-ADQ !

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Les 2 521 derniers membres en règle de l’ADQ décideront prochainement du sort de leur parti.

Ils ont au moins cinq bonnes raisons de dire NON à cette fusion :

1) L’ADQ est un parti de centre droit, alors que la CAQ se réclame de la « gauche efficace ». L’ADQ veut « moins d’État », tandis que la CAQ répond « mieux d’État ». Vouloir fusionner ces deux partis équivaut, comme l’a merveilleusement imagé mon collègue Richard Martineau, à vouloir faire copuler une chèvre avec un éléphant. Ça ne donnera jamais des enfants forts. Soyons honnêtes : un OUI signifierait rien de moins que la disparition pure et simple du programme de centre droit adopté par l’assemblée des membres de l’ADQ.

2) La mixité du système de santé constitue l’engagement phare de l’ADQ. François Legault la rejette. Pourtant, Legault a été membre d’une clinique privée. Son numéro deux, Charles Sirois, a fait fortune avec ses investissements privés en santé et le principal conseiller caquis­te en cette matière, Gaétan Barette, a appuyé le projet de loi adéquiste sur cette question. Par manque de courage, Legault promet un décevant projet pilote que syndicats et fonctionnaires s’empresseront de torpiller.

3) Par le biais des médias, les membres de l’ADQ ont appris que leur chef et l’exécutif du parti négocient avec la CAQ sans avoir obtenu le mandat de le faire. En annulant le congrès devant porter sur la santé, en négociant en cachette, en annonçant un mariage consommé en conférence de presse, les dirigeants de l’ADQ ont agi comme s’ils étaient propriétaires du parti. En votant NON, les membres se réapproprieront leur parti et leur programme.

4) Avant même l’annonce publique de l’entente, les hommes de main de Legault appelaient les journalistes pour couler l’info, prenant bien soin de mentionner que la CAQ avait gagné tous ses points et que la fusion se ferait à SES conditions. Quand on veut qu’un mariage soit couronné de succès, on ne tente pas de miner son partenaire la veille des noces. Toute alliance réussie compte deux gagnants. La mesquinerie des caquistes annonce déjà la rupture prochaine.

5) Pendant les récentes consultations et négociations, Legault n’a rien écouté, rien retenu, rien cédé, rien changé. Legault s’est autoproclamé chef, a choisi son exécutif, le nom et le logo de SON parti. Il sélectionnera tous les candidats et décide ce qui fait partie de SON programme. Pas surprenant, finalement, qu’il ait refusé d’ajouter le mot « démocratique » à la CAQ.

Fidèle à vos convictions

Tout ce que semble vouloir Legault présentement, c’est avoir un ou deux porte-parole de droite dans sa « coalition » fourre-tout et, surtout, s’enrichir des 800 000 $ que reçoit annuellement l’ADQ du DGE.

Les adéquistes savent bien que leur véritable force réside dans leurs idées. Ils doivent aujourd’hui résister au chant des sondages.

La démocratie québécoise sortira gagnante d’une victoire du NON puisque les électeurs conserveront une alternative à la gauche radicale de Québec solidaire, à la gauche sociale-démocrate du PQ, à la gauche mollassonne du PLQ ou à la gauche efficace de Legault.

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