/opinion
Navigation
La chronique d'Éric Duhaime

Décadence politique

Coup d'oeil sur cet article

Les derniers jours ont alimenté encore un peu plus le cynisme ambiant au Québec. Comme si on en avait besoin.

D’abord, Gilles Duceppe orchestrait la semaine dernière un putsch contre la leader péquiste après avoir embrassé Pauline Marois sur toutes les tribunes pour l’assurer de tout son soutien. En réponse, en vue de faire dérailler ses ambitions (l’objectif semble bien réussi), l’entourage de la chef du PQ est soupçonné d’avoir coulé de l’info sur un potentiel détournement de près d’un million de dollars à des fins partisanes par l’ancien cabinet du chef du Bloc québécois. Comble de l’ironie, cet acte illégal aurait débuté au même moment où le Bloc faisait campagne contre le scandale libéral des commandites avec le slogan « Un parti propre au Québec ».

Du côté de la CAQ-ADQ hier, les hauts dirigeants de l’ADQ annonçaient fièrement la mort de leur parti et se résignaient, avec un grand sourire, à se soumettre au leadership de François Legault. Des gens qui se réclamaient de la droite s’unissent aujourd’hui à la gauche « efficace » amoureuse d’un État fort.

La classe politique nous déçoit tellement que le Parti libéral de Jean Charest, usé par neuf ans de pouvoir et fortement éclaboussé par les allégations de corruption, conserve encore des chances d’être réélu si les Québécois sont prochainement appelés aux urnes.

CAUSES DU MALAISE

Comment avons-nous pu descendre si bas ?

Cette confusion et ce déclin ne sont possiblement que les symptômes d’un malaise politique bien plus profond : l’échec du « modè­le québécois ».

Depuis près d’un demi-siècle, on nous vend l’État providence au nom de l’idéal d’égalité et d’indépendance. Pour les nouvelles générations, ça signifiera pourtant des montagnes de dettes publiques, des cotisations astronomiques aux régimes publics de retraite, des dépenses en croissance exponentielle dans un système de santé à bout de souffle, des infrastructures publiques en décrépitude.

PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES

Mater ce monstre politico-bureaucratique nécessiterait une personnalité de l’envergure de Margaret Thatcher.

Tous nos leaders politiques actuels n’ont comme priorité que les prochaines élections, sans se soucier des prochaines générations.

Pendant que les partis politiques se multiplient, il risque pourtant d’y avoir de moins en moins d’électeurs qui se présentent aux urnes.

LA POLITIQUE AUX CITOYENS !

Québécois, on ne peut plus laisser la politique aux politiciens. Nous sommes dus pour une bonne discussion entre citoyens.

Faut se parler franchement, dans le blanc des yeux.

Les travailleurs du secteur public, jouissant d’une sécurité d’emploi absolue et d’un régime de retraite doré, doivent s’asseoir avec leurs collègues du secteur privé, qui ne profitent pas de ces mêmes privilèges, mais doivent pourtant les financer via leurs impôts.

Les bâtisseurs du Québec d’hier devront aussi accepter d’écouter ceux qui auront à bâtir celui de demain.

On doit finalement contraindre nos élus à affronter des problèmes qu’ils préféreraient éviter, trop obsédés qu’ils sont à tenter de se faire élire ou réélire.

C’est dans cet esprit que je publierai cette semaine mon premier essai qui s’intitule L’État contre les jeunes. Je souhaite qu’il contribue à alimenter ce débat dont le Québec a tant besoin.

Commentaires