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Opéra

Hiromi Omura vole la vedette

La soprano incarne le rôle de Leonora dans l’opéra Il trovatore

Hiromi Omura vole la vedette
Photo Le Journal de Montréal, pierre-paul poulin Un extrait de la première scène d’Il trovatore, mettant en vedette le capitaine Ferrando, interprété par Ernesto Morillo.

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Après avoir séduit le public montréalais avec ses interprétations de Maria dans Simon Boccanegra et de Cio-Cio-San dans Madame Butterfly, la soprano Hiromi Omura est de retour en ville, cette fois-ci au sein de la production Il trovatore, dans laquelle elle incarne avec brio le personnage de Leonora.

Bien qu’elle soit entourée d’artistes de grand talent, Hiromi Omura vole la vedette dans la plus récente production de l’Opéra de Montréal, œuvre de Giuseppe Verdi qui transporte le public dans l’Espagne du Moyen Âge, où soldats en armure, gitans sorciers, comte jaloux et troubadour se retrouvent coincés entre des histoires d’amour impossible et des appels familiaux marqués par la vengeance.

Virtuose, Mme Omura brille tellement qu’elle finit même par éclipser le ténor Dongwon Shin, artiste qui interprète le rôle principal de Manrico, chanteur errant dont elle est amoureuse.

Lors de la première partie de ce long opéra de 2 h 45 (incluant un entracte d’une vingtaine de minutes), Dongwon Shin, qui a été appelé à remplacer le ténor Julian Gavin, nous a donné l’impression de manquer de coffre et de prestance par moments.

Scènes statiques

Heureusement, le ténor est revenu en force lors de la deuxième moitié du spectacle, où il a pris la place qui lui était due, ce qui lui a d’ailleurs valu une chaude ovation de la foule.

Il trovatore ne présente pas de mise en scène extravagante. Ses décors sont simples et ses nombreux tableaux misent sur la complexité des émotions vécues par les personnages, qui sont habités par la peur du bûcher, par des questions identitaires et par un désir de vengeance. Certaines de ces scènes contiennent d’ailleurs plusieurs longueurs et s’avèrent très statiques, surtout dans les cas de longs dialogues entre deux personnages.

Cependant, les multiples qualités d’Il trovatore viennent compenser pour ces instants quelque peu languissants. D’abord, il y a la magnifique musique de Verdi, exécutée par l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction du chef Francesco Maria Colombo.

Ensuite, il y a les nombreux airs connus, les mélodies entraînantes et la présence appréciée des chœurs, qui ajoutent majesté et puissance au spectacle. La première scène, mettant en vedette le capitaine Ferrando et ses soldats, en est un exemple.

Mentionnons également l’immense talent de la mezzo-soprano Laura Brioli, qui campe Azucena, la mère de Manrico. Dans ce rôle d’une gitane confuse, mère infanticide, l’artiste a offert une performance touchante et puissante.

Notez que la première d’Il trovatore a été présentée devant une Salle Wilfrid-Pelletier qui affichait, à quelques billets près, complet.


► Il trovatore sera présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 24, 26 et 28 janvier, à 19 h 30.

 

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