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Encourager la participation des travailleurs d’expérience

Encourager la participation des travailleurs d’expérience
photo d’archives, Jean-François desgagnés Yves-Thomas Dorval

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Au Québec, plus que partout ailleurs sur la planète, se feront ressentir, au cours des prochaines années, les effets du vieillissement démographique, alors que le départ massif des baby-boomers à la retraite entraînera une baisse marquée de la population active.

Conscient de l’impact de cet enjeu majeur sur la prospérité durable de la société québécoise, le gouvernement du Québec a récemment entrepris une consultation sur le vieillissement de la main-d’œuvre et l’avenir de la retrai­te.

À cette occasion, le Conseil du patronat a réitéré la nécessité de privilégier les mesures incitatives et de favoriser un environnement fiscal et réglementaire plus souple afin d’encourager les travailleurs d’expérience qui le désirent à demeurer plus longtemps sur le marché du travail et, ainsi, contribuer à une croissance économique plus vigoureuse.

Mentionnons, à titre d’exemple, l’instauration d’incitatifs financiers pour effectuer un exercice de gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre, la création d’un crédit d’impôt pour la formation des travailleurs de 55 ans et plus, la mise en place d’un dispositif de voie rapide de reconnaissance des compétences des travailleurs licenciés ou, encore, la création par Emploi-Québec d’un répertoire d’experts formé de retraités pour favoriser un bon transfert des connaissances.

De telles mesures incitatives, misant sur la souplesse et la flexibilité plutôt que sur la coercition, apparaissent comme des ingrédients essentiels pour favoriser une participation active des travailleurs d’expérience au marché du travail.

Épargne retraite : un dialogue constructif et responsable ­s’impose

Selon le Conseil du patronat, des changements en profondeur de la réglementation encadrant les régimes de retraite s’imposent. En effet, les Québécois se retirent en général plus tôt du marché du travail, prenant leur retraite à l’âge de 60,9 ans en moyenne, contre 62,3 au Canada et même 64,1 en Alberta.

Dans ce contexte, les employeurs du Québec jugent nécessaire que la société entame un véritable dialogue sur la retraite anticipée et sur l’âge d’admissibilité à la rente de retraite, présentement à 60 ans, alors que les contextes démographique et économique ont considérablement changé au fil des années.

Comme le soulignait récemment l’économiste Pierre Fortin, les Québécois travaillent maintenant 10 ans de moins en moyenne que dans les années 1960, au moment où les régimes de rentes publics ont été instaurés, mais, en raison de l’allongement de l’espérance de vie, ils reçoivent des prestations de retraite pendant 20 ans de plus.

À cet égard, il semble mal avisé de hausser les cotisations à la Régie des rentes du Québec, en particulier dans le contexte économique actuel, considérant l’impact néfaste qu’une telle décision entraînerait sur l’emploi, les salaires et la compétitivité des entreprises.

Si le gouvernement décidait d’adopter cette avenue malgré tout, il faudrait certainement considérer, en contrepartie, la possibilité de repous­ser l’âge normal de la retraite (65 ans), comme plusieurs pays le font présentement.

Revoir la réglementation sur les régimes de retraite

Par ailleurs, il semble urgent de revoir la réglementation encadrant les régimes de retraite à prestations déterminées afin d’assurer leur viabilité à plus long terme.

À ce titre, il existe déjà des possibilités réglementaires simples, bien connues, qui nécessitent simplement une mise en place des plus rapides. À la suite des préoccupations que nous avons exprimées à cet égard, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Julie Boulet, a annoncé en novembre dernier la création d’un comité d’experts sur l’avenir des régimes complémentaires de retraite présidé par M. Alban D’Amours.

Il est toutefois essentiel que, parallèlement aux travaux de ce comité, les représentants des employeurs et des travailleurs entreprennent un dialogue constructif et responsable afin que les parties puissent s’entendre elles-mêmes sur certaines pistes de solution.

Après tout, il en va de leur intérêt et de celui de l’ensemble de la société, notamment de la nouvelle génération à laquelle on ne peut refiler les problèmes et la facture.

Yves-Thomas Dorval

Président

Conseil du patronat du Québec

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