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Le New York de Bruce McCall

Le New York de Bruce McCall
Photo agence qmi, marie-joëlle parent Avec son style unique et futuriste, l’illustrateur canadien Bruce McCall s’est fait une place dans le monde des médias new-yorkais. Il collabore notamment avec The New Yorker et Vanity Fair.

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Depuis 50 ans, New York sert de muse à Bruce McCall. L'artiste canadien est un des illustrateurs les plus connus aux États-Unis et une célébrité dans le monde des médias new-yorkais. C'est lui qui créé, depuis 1979, les pages couverture rétrofuturistes du magazine The New Yorker et les dessins de Vanity Fair.

McCall a quitté Toronto dans les années 60. Après un bref séjour à Détroit, il aboutit à New York dans le milieu de la publicité, un monde qu'il décrit exactement comme celui dépeint dans la série Mad Men.

« Je me souviendrai toujours de mon deuxième jour au bureau. Mes patrons m'ont invité à dîner et ils ont commandé trois rondes de Manhattans [cocktail à base de whisky et vermouth]. C'était normal à l'époque et ce fut comme ça pour les cinq prochaines années, dit celui qui ne s'ennuie pas de cette époque. On revenait au travail à 15 h, on faisait une sieste de deux heures et on partait ensuite à la maison. »

Un regard différent

Vingt-cinq ans plus tard, il a quitté ce monde pour devenir illustrateur. Le magazine humoristique The National Lampoon lui a donné sa première chance. Il a aussi brièvement écrit pour Saturday Night Live. « J'ai détesté ça ! », dit-il.

En 1979, il a finalement trouvé le courage d'approcher The New Yorker. « J'étais effrayé parce que j'ai toujours eu le syndrome de l'imposteur, je n'ai pas fini mon secondaire, je ne suis pas un intello et je suis un étranger. Ils m'ont plutôt dit : “ Où étiez-vous toutes ces années ! ” »

J'admire le travail de McCall depuis longtemps. Ses dessins reflètent bien les idiosyncrasies d'une ville comme New York. J'ignorais jusqu'à tout récemment qu'il était Canadien. J'ai eu envie de rencontrer le personnage iconoclaste et savoir comment il avait fait sa place dans la jungle new-yorkaise.

Il m'a donné rendez-vous au Café Luxembourg non loin de chez lui dans le Upper West Side. C'est sa cantine et son bureau secondaire. L'hôtesse lui réserve toujours la même banquette dans un coin. C'est là jadis qu'il mangeait avec son ami Mordecai Richler. C'est aussi à cet endroit qu'il amène ses amis comme l'acteur Steve Martin, qui vient normalement à vélo.

« Même après toutes ces années, je serai toujours un outsider, c'est ça qui me permet de toujours avoir un regard différent sur la ville et repérer les absurdités de son quotidien », dit l'homme de 76 ans.

Un style unique

Le style McCall est unique. « Je fais la même chose depuis que j'ai huit ans, dit-il, mon style a très peu changé, c'est tout ce que je sais faire ». Il utilise encore de la gouache.

Son imagination débordante provient des magazines des années 50 aux publicités futuristes complètement insensées (voitures volantes, ballons dirigeables, tunnel vers la Chine, médicaments miracles, etc.) « Ce fut aussi ma façon de m'échapper durant mon enfance, je me plongeais dans ces magazines pour oublier ma vie familiale, ma mère alcoolique et un père tyrannique », confie-t-il.

McCall a depuis développé son propre lexique pour décrire ses illustrations comme fausse nostalgie, exagération hyperbolique, absurdité urbaine et techno-archéologie. Il a d'ailleurs donné une conférence à TED en 2009 à ce sujet (j'ai mis la vidéo sur mon blogue).

Pour un homme qui puise son inspiration dans notre obsession parfois démesurée face au progrès, il se qualifie lui-même de « dinosaure ». Il n'a pas de téléphone cellulaire. « Je ne sais même pas la différence entre un PC et un MAC ! »

 

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