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Tim Thomas a raison

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La décision du gardien de but des Bruins de ne pas assister à la cérémonie organisée par le président des États-Unis pour honorer l'équipe championne de la coupe Stanley continue de faire couler beaucoup d'encre.

Ce week-end, pendant la pause du match des étoiles, la rumeur circulait même à l'effet que les jours de Tim Thomas à Boston seraient comptés.

PROPOS INSPIRANTS

Quel crime a bien pu commettre le gardien étoile?

La semaine dernière, il a écrit sur son mur Facebook: «Je crois que le gouvernement fédéral est désormais hors de contrôle et qu’il menace les droits, les libertés et la propriété du peuple. Ça se passe au niveau exécutif, législatif et judiciaire. C’est en opposition direct à la Constitution et la vision du gouvernement par les Père Fondateurs.»

Quant à moi, cette première partie de sa déclaration expose l'érudite d'un joueur de hockey qu'on n'avait pas revu depuis Ken Dryden. Thomas pourrait donner quelques leçons constitutionnelles aux élus.

Et il a ajouté: «À cause de ça, j’exerce mon droit de citoyen libre et je ne me rendrai pas à la Maison Blanche. Ce n’est pas une question politique ou de parti parce que, selon moi, les deux camps sont responsables de cette situation.»

Sa prise de position n'est donc pas partisane dans la mesure où il blâme autant les démocrates que les républicains pour les excès de l'interventionnisme de l'état américain.

UN LIBERTARIEN

Sa pensée s'apparente fortement à celle du libertarien et candidat à l'investiture républicaine, Ron Paul. Dans les trois premiers états à avoir déjà voté chez nos voisins du sud, Paul a été le candidat favori des moins de 30 ans à chacun des endroits.

Une nouvelle génération d'idées émerge présentement et certaines de nos élites apeurées par ce changement tentent de diaboliser les amoureux des libertés individuelles.

Toute la semaine, Thomas était victime des pires quolibets. On le qualifiait de raciste, comme si tout désaccord avec Barack Obama était dû à la couleur de sa peau. On se demandait même si le fait que ses trois enfants aient tous des noms commençant pas la lettre K signifiait que Thomas souscrive aux thèses d'extrême-droite du Klu Klux Klan.

Simplement parce que certains ne partagent pas ses opinions, ils se permettent d'affirmer que Thomas est «plus fort entre les deux poteaux qu'entre les deux oreilles».

RESPECT POUR QUI?

À défaut d'être capable d'argumenter sur le fond, d'autres attaquent la forme. On doit le respect aux institutions, disent-ils. Est-ce plus respectueux de serrer la main d'un homme qu'on méprise et faire semblant qu'on l'aime que de simplement décliner son invitation à aller chez lui?

Et est-ce le respect du hockey professionnel qui pousse Obama à recevoir les champions sportifs ou son opportunisme politicien à se faire voir avec les gagnants?

Un hockeyeur brillant et éveillé a librement choisi cette semaine de poser un noble geste: refuser de faire le clown de service et exprimer publiquement son dégout de la classe politique américaine.

Partisans des Nordiques ou du Canadien, Thomas mérite vos applaudissements!

 

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