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Crimes d’honneur

Plus de cas qu’avant?

La DPJ reçoit une dizaine de signalements

Plus de cas qu’avant?
Photo d’archives Depuis le début du procès dans l’affaire Shafia, la DPJ a enregistré plusieurs signalements en lien avec la notion de crime d’honneur.

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Depuis le début de l’affaire Shafia, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Montréal a enregistré une dizaine de cas en lien avec la notion de crime d’honneur, dont trois seulement au cours des dernières semaines.

« Ce que l’on voit surtout, ce sont des situations où des jeunes filles sont confrontées à un enjeu de libre choix et de liberté individuelle. Par exemple, elles ne peuvent fréquenter un garçon québécois », explique Michelle Dionne, DPJ au Centre jeunesse de Montréal.

« Depuis le retour des Fêtes, nous avons eu trois signalements. C’est beaucoup. Est-ce en lien avec le procès Shafia ? Est-ce que ce cas médiatisé a encouragé des gens à entreprendre des démarches ? Seul l’avenir nous le dira. »

Mea culpa

Pointée du doigt pour avoir erré dans le dossier des filles Shafia lorsque ces dernières ont demandé de l’aide il y a trois ans, la DPJ a effectué son mea culpa, hier, affirmant qu’elle aurait pu « faire les choses autrement. »

Michelle dionne
DPJ

En 2009, les services francophones de la DPJ ont reçu une plainte concernant les deux sœurs et ont traité le dossier sans savoir que leurs collègues du secteur anglophone avaient déjà effectué une enquête l’année précédente.

À l’époque, le registre provincial de partage d’informations entre les différentes DPJ n’existait pas, d’où ce « manque de communication » que déplore l’organisme.

« Nous avons réclamé pendant des années que l’on instaure ce registre, lance Mme Dionne. C’était à nos yeux une lacune dans le système. Nous avons eu gain de cause en 2007 et le système est en place depuis mai dernier. »

« Si cet outil avait existé à ce moment, nous aurions eu accès à une information supplémentaire qui nous aurait beaucoup aidés. Mais ce n’est pas certain que cela aurait changé l’issue du drame. »

Une nouvelle menace

La DPJ reconnaît également que la notion de crime d’honneur n’était pas, jusqu’à tout récemment, considérée par ses intervenants.

« Pour nous, la notion de crime d’honneur a toujours existé, mais pas au Québec. On ne la comptait pas parmi les menaces possibles pour les enfants », admet Mme Dionne.

« Donc, dans ce cas, notre investigation n’est pas allée jusque-là. Si on avait eu tous les morceaux du casse-tête à l’époque, il est légitime de se demander si on aurait pu agir autrement. La réponse est oui. Mais, encore là, est-ce qu’on aurait pu éviter ce drame ? »

La DPJ assure qu’elle s’est « repositionnée » au cours des derniers mois et qu’elle fera appel plus fréquemment à des consultants spécialisés dans les communautés culturelles afin de mieux dépister les situations problématiques.

Une recrudescence de cas ?

Cette expertise ne pourrait mieux tomber, selon des organismes d’aide aux femmes immigrantes qui anticipent une recrudescence de cas en raison de la médiatisation du procès Shafia.

« Je pense que ça risque d’avoir un impact, croit Melpa Kamateros, directrice générale au Bouclier d’Athéna. Déjà, nous sommes confrontés à beaucoup plus de situations violence familiale qu’avant, des cas où le père, le frère et parfois même la mère font pression sur une jeune fille. »

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