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Enquête | Fuites

La police veut savoir

L’affaire Davidson a engendré du coulage d’informations

La police veut savoir
Photo AGENCE QMI, MICHEL DESBIENS Le chef du SPVM, Marc Parent, s’est dit « choqué » des fuites d’information dans l’affaire Ian Davidson.

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Le chef du Service de police de Montréal, Marc Parent, a déclaré hier que son organisation allait pleinement collaborer à l’enquête de la Sûreté du Québec sur le coulage ­d’informations aux médias dans l’affaire Ian Davidson, la taupe au SPVM.

Cette enquête avait été demandée plus tôt en journée par le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil.

En point de presse, M. Parent a dit que certaines informations confidentielles divulguées aux médias ont nui au travail d'enquête dans le ­dossier Davidson.

Il a dénoncé le coulage d’informations qui a été fait auprès des médias, et souhaite que toute la lumière soit faite à ce sujet.

« J'étais moi-même consterné, ­choqué de lire, jour après jour, des informations confidentielles dans les médias. C'est important de faire toute la lumière sur la divulgation d’informations », a expliqué M. Parent.

« Lorsqu'on diffuse des techniques d'enquête, on donne de l'information au crime organisé, a-t-il dit. Ces fuites nuisent à la sécurité des policiers ainsi qu'à celle du public. »

« Même les fausses informations peuvent nuire au déroulement de l'enquête », a rappelé le chef du SPVM, qui s’est dit choqué que même des méthodes d'enquête ont été dévoilées aux médias.

« On n’accepte pas ça. [...] Quand on est policier, il y a un devoir de discrétion », a-t-il ajouté.

Pratique « agaçante »

M. Parent a précisé qu’il trouvait « agaçant » le fait que des enquêteurs parlent à des journalistes lorsque des informations ­peuvent mettre en danger la sécurité des citoyens.

C’est pourquoi les différents chefs d’équipe des enquêtes spécialisées ont été rencontrés depuis les dernières semaines afin de leur rappeler l’importance de respecter les normes de discrétion, selon le chef du SPVM.

Ian Davidson, un policier ­expérimenté issu de l'unité des ­renseignements du SPVM qui avait récemment pris sa retraite, faisait l'objet d'une enquête depuis l’automne dernier pour avoir tenté de vendre des informations hautement confidentielles au Calabrais Tony Mucci, un membre influent de la mafia montréalaise.

Cas exceptionnel

Marc Parent a ajouté que le SPVM a déjà procédé au renforcement de protection des données publiques, et que le comportement du policier Davidson constituait un cas exceptionnel parmi l’ensemble du service.

Le Parti québécois avait réclamé mardi la tenue d’une enquête ­indépendante pour fouiller le passé de l'ex-détective de 58 ans, qui s’est ­enlevé la vie le mois dernier, dans une chambre d'hôtel de Laval.

Ce qu’ils ont dit ...
«
Nous sommes très préoccupés par le flou que le ministre Dutil laisse planer dans son mandat. Le potentiel de dérive est là, il fait clarifier sans délai. S'il veut enquêter sur les fuites, on lui demande que ça ne se transforme pas en partie de pêche dans les sources des journalistes. Nous voulons des assurances claires et nettes que les journalistes ne seront pas visés. »
Brian Myles
Président de la Fédération professionelle
des journalistes du Québec
 
«
Il est excessivement délicat d'enquêter sur le travail des journalistes. Ça doit être fait avec un grant doigté et ce moyen doit rester un ultime recours. Je crois que la police doit d'abord faire un travail interne, enquêter à l'intérieur de sa propre maison. Les journalistes n'ont fait que suivre les questions d'intérêt public. »
Guy Amyot
Secrétaire général
du Conseil de presse du Québec
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