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Interrogatoire de Paul Laplante

Laplante provocant

L’interrogatoire de l’accusé le montre sous un jour plutôt négatif

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Accusé du meurtre prémédité de sa femme Diane Grégoire, Paul Laplante prétendait être victime d’une erreur judiciaire, menaçait de poursuivre la police et comptait se rendre millionnaire avec ça, révèle l’écoute de l’interrogatoire subi le jour de son arrestation.

« J’ai bien hâte d’être devant le tribunal pour expliquer tout ça. Ça va être jouissif. (...) Ça va me mettre millionnaire cette affaire-là. »

Laplante a été arrêté le 13 décembre dernier, alors qu’il se rendait au commerce d’un ami pour lui montrer sa toute nouvelle Mercedes achetée la veille.

L’interrogatoire auquel il a été soumis par la Sûreté du Québec a duré environ six heures, au cours desquelles il n’a fait aucun aveu.

Film d’espionnage

Un détective passe des heures avec lui, l’appelle par son prénom, le place devant toute la preuve circonstancielle amassée contre lui au fil des ans et divulgue plusieurs méthodes d’enquête utilisées contre lui, dont certaines relèvent d’un véritable film d’espionnage.

« Des dizaines, des centaines d’affaires qui accrochent », dit le détective (voir l’encadré ci-dessous).

diane grégoire
Victime

Une preuve « qui laisse transparaître la préméditation », dit le détective.

Le policier le traite parfois de manipulateur et de comédien.

Mais Laplante demeure muet, répétant à plusieurs reprises « Je n’ai rien à vous dire. Je veux parler à mon avocat. »

Durant une bonne partie de l’interrogatoire, il demeure assis dos au policier, face contre le mur.

Argent et méchanceté

Les commentaires du détective montrent un Paul Laplante avide d’argent. Le policier dit être surpris d’avoir constaté la méchanceté de Laplante envers ses enfants, notamment pour avoir privé sa fille de la voiture qu’elle utilisait. Aussi, il aurait stoppé les cadeaux de Noël sous prétexte que les Fêtes ne se passaient plus en famille.

Laplante prétend que la police s’est trompée de cible en le visant, mais il refuse de suggérer d’autres suspects.

Au cours de l’interrogatoire, Laplante n’offre aucune collaboration, insulte le policier, rit de lui, se bouche les oreilles et entonne des chants religieux et des prières, se comparant même au Christ crucifié et se nommant « saint Paul ».

Il refuse de manger le poulet qu’on lui apporte et refuse aussi qu’on lui en commande un autre chaud. Il dit faire la grève de la faim.

Harcèlement

Lorsque laissé seul un moment, il dit : « Harcèlement psychologique. Harcèlement verbal. C’est ce que je subis depuis plusieurs heures maintenant. »

Il écrit aussi sur un tableau. À un moment et se couche au sol.

Au terme de l’interrogatoire, il réclame d’être placé seul dans une cellule et se plaint du peu de confort et d’intimité de ces endroits.


Paul Laplante s’est suicidé en prison le 9 janvier.

 

Des éléments troublants
La veille de la disparition, il a découpé et fait imprimer des photos de Diane Grégoire. En fait, il a pris une photo existante sur laquelle on voyait son épouse avec d’autres personnes. Il a retiré ces dernières en les découpant pour isoler le visage de Mme Grégoire. Des retailles de cette photo ont été retrouvées par la police dans une poubelle chez Laplante. La police croit qu’il voulait être prêt pour la « disparition » prévue le lendemain.
La journée de la disparition de Diane Grégoire, tous deux s’étaient semble-t-il donné rendez-vous à 16 h alors qu’elle devait terminer sa journée de magasinage aux Promenades Saint-Bruno, selon la version de M. Laplante. Or, celui-ci a contacté le 9-1-1 dès 16 h 11. Pourquoi n’a-t-il pas attendu davantage ou fait le tour du centre commercial, ou pourquoi encore ne l’a-t-il pas appelée avec l’intercom avant d’alerter la police ?
Il a réagi vivement quand un restaurateur de L’@Île-Perrot s’est manifesté à Claude Poirier en disant l’avoir vu avec Diane Grégoire le 31 janvier 2008, non loin de l’endroit où elle a été retrouvée morte. Ça lui donnait un alibi, il y voyait un espoir, selon la police. Il a alors contacté son fils pour le lui annoncer.
Il n’a eu aucune réaction lorsque les restes de Diane Grégoire ont été trouvés, le 21 novembre 2011. Il n’a pas contacté son fils, sa fille ou d’autres membres de la famille pour se réjouir oupour planifier les funérailles.
Au cours de l’enquête menée par la police de Longueuil, il a fait deux déclarations vidéo. Des détails dans ces versions sont contradictoires.
Lorsqu’il discute avec un ami peu après la découverte du corps de Mme Grégoire, il détourne la conversation vers la présence sur place d’une clôture contre les chevreuils, lui indiquant que ça ne peut être lui le coupable puisqu’il n’aurait jamais pu la franchir, en raison de ses maux à une jambe.
Il a lu le livre L’accusé de John Grisham.
Il a pris des notes pour éviter de se faire prendre comme son ami Ghislain Dion (condamné pour le meurtre de sa femme Julie Croteau, deux mois avant la disparition de Mme Grégoire), qui avait commis des erreurs en donnant des versions différentes à la police. Les notes en question indiquaient précisément ce qu’il devait dire à la police.
Un « élément majeur », dont on ignore la teneur, a été retrouvé dans une poubelle chez lui peu après le meurtre. Une partie de ce même élément a aussi été retrouvée sur la scène de crime, près des ossements de Mme Grégoire. Un expert a pu relier les deux éléments.
Ce qu'ils ont dit
«
 Je m’interroge énormément sur comment tu réagis aujourd’hui, Paul. »
— L’enquêteur
«
C’est drôle mais je m’aurais (sic) attendu à une bonne réaction de la part d’un gars qui a perdu sa femme pis que là, on annonce aux nouvelles que sa femme est retrouvée. Aucune réaction ! On se gratte la bédaine, continue d’écouter la TV, fait des petits changements d’adresse. C’est pas important, ça. On n’appelle pas nos enfants, on n’appelle pas nos amis. »
— L’enquêteur qui interroge Laplante
«
J’ai bien hâte d’être devant le tribunal pour expliquer tout ça. Ça va être jouissif. (...) Ça va me mettre millionnaire cette affaire-là, peut-être. »
— Paul Laplante
«
Il y a plein d’interrogations qui pointent en ta direction. Que ce soit avant, pendant et après. »
— L’enquêteur
«
 Il y a une chose que je n’ai pas comprise, c’est pourquoi tu as choisi le chemin de la méchanceté avec les enfants. »
— L’enquêteur
«
Je suis saint Paul. J’ai été emprisonné par mes bourreaux. Comme le Christ. »
— Paul Laplante, après avoir chanté des chansons religieuses et récité des prières
«
Je n’ai rien à vous dire. Je veux parler à mon avocat. »
— Paul Laplante
«
Tu sais Paul, s’il y avait juste 2-3 éléments qui accrocheraient, on ne serait pas ici aujourd’hui. Mais il y a des dizaines, des dizaines et des centaines d’affaires qui accrochent. »
— L’enquêteur
«
Il y a une chose, ici, Paul, que je veux faire, c’est juste de te permettre de réaliser, Paul, comment ça peut être perçu, ça. Comment tous tes agissements laissent transparaître la préméditation. Que dans le fond, tout ce qui t’intéressait, Paul, c’est l’argent de Diane. »
— L’enquêteur
«
Tsé Paul, quand on est rendu à être détenu, c’est sûr qu’on ne choisit pas la grandeur du lit. »
— L’enquêteur à Laplante, qui se plaint du peu de confort des cellules
«
Ça sent le piège à plein nez, ici ! »
— Paul Laplante
«
Vous devriez écrire des livres. Vous êtes inventif ! »
— Paul Laplante à l’enquêteur, après qu’il lui eut exposé plusieurs théories.
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