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La chronique de Patrick Campeau

Lourdeur accablante d’un système

Il faut croire que nous sommes de vrais passionnés pour faire tous ces efforts

Lourdeur accablante d’un système
photo le journal de montréal Il serait grand temps de simplifier et de faciliter l’obtention des différents documents de toutes sortes pour que ceux qui souhaitent découvrir l’activité puissent le faire sans trop de tracas.

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La chasse et la pêche sont de merveilleuses activités qui font rêver plus d’un million et demi de Québécois. Lorsque je vous présente mes textes, je m’efforce de leur donner un aspect positif afin de vous faire vibrer au rythme de vos passions.

Je vous présente aujourd’hui un dossier plutôt sombre. Nous sommes tous d’accord qu’il est important de faire la promotion de ces belles activités de prélèvement auprès des jeunes et des non-initiés pour nous assurer que les générations à venir peuvent elles aussi connaître toutes les joies qui en découlent.

Si vous et moi pouvons chasser et pêcher, c’est parce que nous avons une imposante panoplie de papiers, de certificats et de permis dans nos poches. Il est bien évident que, pour la plupart d’entre nous, l’acquisition de tous ces documents semble plus ou moins compliquée, car nous l’avons fait sur une longue période. Pour un nouvel adepte, il s’agit malheureusement d’une tout autre histoire.

Prenons l’exemple de mon copain Normand, qui était un néophyte, il y a cinq ans de cela. Aujourd’hui, il pêche plusieurs espèces et il chasse le chevreuil, l’orignal, le petit gibier et les oiseaux migrateurs. Comme on le dit si bien, il a eu la piqûre.

Il faut croire que nous sommes de vrais passionnés pour faire tous ces efforts

Cours et permis

Voyons ensemble toutes les démarches qu’il a dû faire et qu’il doit encore répéter. Tout comme nous, d’ailleurs :

Dans un premier temps, il a dû suivre son cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu (CCSMAF), qui dure une journée.

Le lendemain, il a eu son cours d’initiation à la chasse avec arme à feu (ICAF).

Quelques mois plus tard, voulant se servir d’une arbalète, il a été obligé de suivre le cours d’initiation ICAA.

Ayant entendu parler que la chasse à la dinde sauvage était vraiment intéressante, il a investi une autre journée pour obtenir son certificat.

Étant maintenant accrédité adéquatement pour chasser, il a fallu qu’il remplisse le long questionnaire pour obtenir son permis de possession et d’acquisition d’armes à feu, qui, en passant, est renouvelable tous les cinq ans.

Notre valeureux chasseur, qui n’a pas encore tiré un seul coup de fusil, de carabine ou une flèche, doit maintenant acheter une série de permis qui totaliseront annuellement quelques centaines de dollars.

Je m’abstiendrai de parler de toutes les conneries relatives au registre des armes à feu et à ce que j’ai entendu comme rumeur, si le premier ministre Harper décide le laisser tomber, car il semblerait que de valeureux fonctionnaires québécois qui doivent justifier leur emploi veulent le reprendre, mais de façon plus drastique.

Pour pouvoir conduire une embarcation, il a évidemment dû suivre son cours pour avoir sa carte de conducteur d’embarcation de plaisance.

Tout comme pour la chasse, il a déboursé de l’argent pour son permis de pêche et s’il avait voulu taquiner le saumon, il lui en aurait fallu un autre pour cette espèce.

Lorsqu’on fait allusion à la chasse et à la pêche, on parle inévitablement de VTT, de bateau, de moteur, etc.

Et tous ces types de véhicules, il faut évidemment les plaquer, les assurer, etc.

Puis, si vous avez le malheur d’avoir un 4 X 4, en plus de devoir payer des taxes spéciales et des surprimes de toutes sortes, vous devrez débourser plus d’argent pour le faire rouler en plus de devoir supporter les regards quasi méprisants de certains écolos.

De vrais passionnés

Il faut croire que nous sommes de vrais passionnés pour faire tous ces efforts et dépenser tout cet argent. Lorsque je vois le ministre Simard attribuer de grosses sommes d’argent pour des projets de toutes sortes, comme s’il s’agissait de son argent, alors qu’il provient directement de nos poches, ça me désole au plus haut point. Si ce dernier était vraiment un chasseur et pêcheur, il tenterait peut-être plus de trouver des moyens pour faciliter l’obtention des différentes certifications, il changerait les règles sur la chasse périurbaine, qui nous forcent à aller de plus en plus loin, et il abolirait tous les frais liés aux rampes de mise à l’eau. Mais non, nous, les bons payeurs, sommes capables d’en prendre encore plus. Ça me surprend que nous ne devions pas encore acquérir un certificat, pour nous permettre d’en acquérir d’autres.

Qu’en pensez-vous ? Je ne remets pas en cause le besoin de suivre des cours et d’obtenir des certifications et des papiers de toutes sortes, mais, trop, c’est trop.

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