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Politique Canadienne

Le nouveau Canada...

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Dans un dessin fameux, la bédéiste française Claire Bretecher montre une scène de ménage qui résume l’état des relations du Québec et du Canada en 2012.

L’homme tient sa valise à la main et va ouvrir la porte et partir ; la femme est accrochée à ses jambes et dit : « Je veux que ce soit MOI qui décide !!! »

La femme, cette fois, ce serait le Québec.

Après 50 ans d’une relation difficile avec le Canada, bien des Québécois sont aujourd’hui prêts à écouter un François Legault qui propose une trêve sur la question nationale.

Mais, dans le reste du Canada, le discours qui monte maintenant dit plutôt : « OK, Québec, va t’en si tu veux, mais réglons nos comptes avant... »

Cette attitude ne semble pas dictée par la haine ou le racisme comme autrefois, mais par la lassitude, l’indifférence, et, surtout, un souci économique.

«Pour la première fois, il y a plus de gens à l’ouest de l’Ontario qu’à l’est »

Perte d'influence

Le contexte culturel, politique, démographique et économique du Canada a changé.

Le Québec a fait la pluie et le beau temps à Ottawa pendant 50 ans – French power, bilinguisme, deux référendums, un parti sécessionniste à Ottawa, avant de faire du NPD l’opposition officielle.

Mais tout indique que le Québec n’a plus beaucoup de cartouches dans sa besace.

Pour des Canadiens de Toronto, Calgary ou Vancouver, le Bloc et sa défense, souvent stridente, des « valeurs québécoises » était l’équivalent politique d’une migraine névralgique. Très peu de gens là-bas s’ennuient d’entendre chaque jour ce dont le Québec est mécontent...

Changement d’humeur

Stephen Harper a senti le changement d’humeur : bonjour les portraits de la reine, l’aviation « royale », la nomination d’unilingues à des postes clés : « Voyez : être bilingue n’est plus une condition essentielle à l’avancement d’une carrière... »

Avant, le Québec aurait hurlé, et il aurait été entendu, sinon compris. Mais le Québec a voté pour le NPD – un parti qui ne s’est pas remis de sa victoire...

Trois blocs

Le recensement de la semaine dernière démontre que le Canada n’est pas la cohabitation de deux nations — une image chère aux Québécois —, mais plutôt de trois blocs démographiques.

Pour la première fois, il y a plus de gens à l’ouest de l’Ontario qu’à l’est. La croissance, l’argent, l’avenir sont à l’ouest. C’est aussi la base électorale des conservateurs.

Mais l’information la plus troublante sur la nouvelle dynamique du pays vient d’une étude des HEC de Montréal : le Québec devient rapidement la province la plus pauvre du Canada !

Le coût du Québec

À cause de leurs choix de société, les Québécois travaillent moins, produisent moins, ont un niveau de vie inférieur et attendent plus de l’État que les autres Canadiens, et l’écart se creuse.

Proportionnellement, ils paient donc moins d’impôt au fédéral. Résultat : le Québec reçoit d’Ottawa une péréquation de plus de sept milliards $ par année qui l’aide à rester à niveau — et à financer des garderies et autres largesses dont les autres provinces se privent.

Dans ce nouveau discours, le Québec est au Canada ce que la Grèce est à la zone euro : une région qui vit au-dessus de ses moyens et qui est financée par les autres. Il est moins un actif qu’on veut préserver qu’un passif qui coûte cher.

Menacer de se séparer ou se faire montrer la porte peut mener à peu près au même résultat.

C’est l’ambiance qui n’est pas la même...

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