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Bon sentiment, mauvaise politique

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Mon collègue Richard Martineau m’a fait avaler mes toasts de travers et boire mon café par le nez samedi matin avec sa chronique en appui aux éducatrices de CPE. Ouf!

Moi qui croyais naïvement Richard que t’avais échappé à la noyade idéologique de la gauche et définitivement déserté la clique du Plateau pour trouver refuge dans l’accueillante maison de la nouvelle droite.

Faut croire qu’il te reste encore quelques vieux relents de tes trop nombreuses années passées au Voir.

Vive les enfants

En bon père de famille, t’aimes ton fils. Tu considères que garder et cajoler cet enfant n’a pas de prix. Bravo!

Certes, les éducatrices font un travail extraordinaire et combien essentiel dans notre société. Aussi important que les papas et les mamans qui choisissent de rester à la maison pour s’occuper de leurs poupons. Ou encore les papis et les mamies qui dépannent régulièrement.

Partir de ce bon sentiment aboutit cependant à une désastreuse politique publique lorsqu’on veut confier cette mission à un monstre étatique pour tout gérer.

Mario l'avait dit

Avant même la mise en place du réseau des garderies publiques, Mario Dumont prévenait déjà les Québécois : un tel système conduirait à la mise en place d’un modèle unique, inaccessible à plusieurs, à une explosion des coûts, à une syndicalisation mur-à-mur des gardiennes, à une gestion de l’offre par listes d’attente et à une prise en otage des parents par les syndicats pour détourner une partie de la richesse collective. Il avait malheureusement raison sur chacun des points. Le système coûte aujourd’hui 8 fois plus cher que lors de sa mise en place il y a 15 ans.

Je pourrais t’expliquer Richard, en long et en large, avec chiffres à l’appui, que notre modèle étatiste favorise davantage les familles les mieux nanties, n’aide pas à augmenter le taux d’activités des femmes sur le marché de l’emploi et ne contribue pas significativement au développement des enfants de milieux défavorisés.

Appel au coeur

Mais ce n’est pas avec des arguments rationnels que je vais te convaincre, mon ami, sur cet enjeu. Comme un nombre important de nos compatriotes, tu deviens très émotif lorsqu’il s’agit de la garde de ton fils. Je dois faire appel à ton pathos pour te rescaper.

Richard, pendant que tu paies 7 $ par jour à ton CPE, le gouvernement en paie jusqu’à 60 $ de plus pour assumer ce service. Cet argent-là est en bonne partie emprunté sur la carte de crédit de ton fils qui, un jour, devra rembourser. Au dernier décompte, les enfants du Québec doivent 240 milliards de dollars.

Malgré toute l’affection entre ton gars et son éducatrice, je puis t’assurer que ce sentiment cèdera rapidement la place à un autre beaucoup moins noble le jour où Nicolas réalisera qu’une facture salée l’attend pour le reste de sa vie. On ne peut pas prétendre aimer ses enfants en hypothéquant leur avenir, sans leur consentement. L’amour d’une éducatrice, ça ne s’achète pas, pas plus que celui d’un papa pour son fiston...

 

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