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Internautes

Hantés par les réseaux sociaux

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En pleine génération Facebook, Twitter, MSN, YouTube, et Linkedin, les internautes étalent leur vie privée sans retenue et donnent bien candidement des munitions à d’éventuels ennemis qui n’hésiteront pas à s’en servir devant les tribunaux. Bienvenue dans l’ère de la justice.com, où les espions sont bel et bien aux aguets.

« Mettre des informations sur sa vie, sur soi-même, sur ce qu’on fait, ça peut s’apparenter à un sport extrême », prévient Pierre Trudel, professeur de droit des technologies de l’information à l’université de Montréal.

« C’est comme faire du ski sans mettre un casque : ça peut donner lieu à des accidents. »

Les cas du comédien Tony Conte, du caïd Raynald Desjardins et du politicien Dominique Strauss-Kahn, tous trahis par des textos, ont fait la manchette récemment. Même les journalistes sont susceptibles d’être écoutés par la police, ces jours-ci.

Mais il n’y a pas que la police qui fait dans l’espionnage: divorce, garde d’enfants, mesures disciplinaires, congédiement, blessures au travail, impôts, litiges propriétaire/locataire : tant en matière criminelle que civile, les preuves électroniques abondent.

Dans la plupart de ces causes, il y a une constante : photos et messages, même les plus anodins, reviennent hanter les internautes.

Fouilles systématiques

« Fouiller le passé de quelqu’un sur les réseaux sociaux, c’est rendu un incontournable pour les avocats », a indiqué sous le couvert de l’anonymat un avocat spécialisé en droit du travail.

« Je connais des avocats qui vont aller voir sur Facebook de façon systématique, dit l’avocate Sylvie Schirm, spécialisée dans les causes de divorce. Ça peut être une mine d’or. »

Et il n’y a pas que pour les tribunaux : avant d’embaucher quelqu’un, les employeurs passent Facebook, Twitter et compagnie au crible. Ils y découvrent parfois le visage caché d’un candidat... qu’ils n’embaucheront finalement pas.

Des informations, des déclarations, des photos peuvent compromettre leurs auteurs, même plusieurs mois ou années plus tard. Et les tribunaux sont enclins à déclarer admissibles ces preuves.

« Dès que c’est sur un réseau social, on peut difficilement prétendre que c’est de la vie privée », indique l’avocat Jacques Provencher, spécialiste du droit du travail au cabinet LeCorre et associés.

Une maison de verre

Pour certains internautes, les informations rendues publiques sur Facebook ou un autre réseau ne sont pas pires que celles révélées autour d’une bière ou un souper entre amis. Or, il n’en est rien.

« Les réseaux sociaux, c’est comme une grosse maison de verre : les gens s’y pensent en sécurité mais... », dit Bruno Guglielminetti, directeur des communications numériques chez National.

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