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Radio | Montréal

La fierté gaie sur les ondes AM

Le 990 AM se transformera en fréquence gaie, d’ici un an, sous le regard sceptique de la communauté

La fierté gaie sur les ondes AM
Photo le journal de montréal, émilie dubreuil Pierre Goudreau dirige depuis neuf ans et depuis chez lui, la radio Gayradiobec.com, qui compte une quinzaine d’animateurs. Tout ça sur Internet.

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En novembre dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) accordait à la compagnie Evanov Radio Group, de Toronto, la licence pour ouvrir une station de radio consacrée à la communauté gaie sur la bande AM. Loin de susciter l’enthousiasme, le projet en laisse plusieurs perplexes.

Carmella Laurigano, vice-présidente du groupe Evanov, est une femme d’affaires enthousiaste. Au téléphone, de son bureau torontois, elle affirme d’un ton décidé : « Les homosexuels de la région de Montréal ne se reconnaissent pas dans la programmation proposée par les autres radios. C’est donc une partie importante de la population qui n’est pas desservie par l’offre actuelle. Nous allons leur concocter une radio qui correspond à leur culture, à leurs intérêts. »

Fréquence gaie à Toronto

Evanov Radio Group possède une douzaine de stations de radio à travers le Canada, dont une fréquence gaie, à Toronto, qu’elle exploite depuis 2008. Si la vice-présidente du groupe n’est pas lesbienne, elle semble avoir une idée assez claire de ce que les homosexuels ont envie d’entendre.

D’abord, de la musique gaie. Ce qui veut dire ? « Faite par des gais ou qui plait aux gais. » La programmation musicale remplira 50 % de la grille. Mais, Radio Fierté parlera aussi. Et elle parlera gai.

Le projet est ambitieux : une salle de rédaction avec quatre ou cinq journalistes couvrant l’actualité sous la lorgnette « gaie ». Une émission du matin et un « retour à la maison » sont aussi prévus. Entre les bulletins météo et un coup d’œil à la circulation, on discutera d’enjeux qui touchent les homosexuels. Chez Evanov, on prétend avoir déjà reçu un bon nombre de candidatures pour animer ces émissions.

L’argent

Evanov a les reins solides. Heureusement, puisque la compagnie estime que faire rouler cette radio coûtera un million de dollars par année. Sans donner de noms, la compagnie torontoise explique que des annonceurs ont été démarchés et qu’ils sont enthousiastes.

Yves Lafontaine, qui dirige le magazine Fugues, publication phare dans le domaine, est extrêmement sceptique quant à cet aspect commercial.

« C’est un marché saturé. Il y a déjà quelques magazines gais qui vivent de la publicité et ce sont toujours les mêmes entreprises qui sont sollicitées. Je leur souhaite bonne chance, ce ne sera pas facile. »

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