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RELIGION | ÉDUCATION

L’école qui endoctrine

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Les juges de la Cour suprême ont décidé à l’unanimité que le cours Éthique et culture religieuse n’entrait pas en contradiction avec la liberté de religion, comme le soutenait le lobby des parents catholiques. Ce jugement ne surprend pas.

Mais il ne représente pas la fin du débat. La controverse autour d’ECR continuera. Il marque toutefois la fin d’une mauvaise stratégie. Celle menée par le lobby des parents catholiques contre le cours ECR.

Les parents catholiques ont joué à la minorité religieuse bafouée. Ils disaient : les musulmans, les juifs, les sikhs ont droit à leurs accommodements raisonnables. Les catholiques en veulent un aussi ! La majorité veut son accommodement !

Les catholiques ont cherché à jouer le gouvernement des juges à leur avantage. Et demandé finalement à la Cour suprême de désavouer l’Assemblée nationale au nom de la Charte des droits canadienne. Grosse erreur !

Par ailleurs, ce débat se déroule dans une ambiance confuse. On ne semble toujours pas comprendre la vraie nature d’ECR. J’y vais alors d’un rappel élémentaire : ECR n’est pas un cours de culture religieuse ! Ses promoteurs eux-mêmes le reconnaissent.

Les parents catholiques ont joué à la minorité religieuse bafouée.

COMME SYMBOLES

La religion y est présentée de manière instrumentale. Les élèves n’y apprendront rien de sérieux sur l’islam, le protestantisme, le catholicisme, l’hindouisme. On leur parlera des religions superficiellement. Comme symboles d’une « diversité » à aimer inconditionnellement.

Il ne s’agit pas de connaître les religions objectivement. Mais de les accepter toutes. Sans discernement. Et sans privilège pour la religion historique du Québec. ECR représente la porte d’entrée du multiculturalisme dans l’école. Son objectif ? Faire sa promotion.

Le multiculturalisme est une idéologie bizarre. Il renverse le devoir d’intégration. Ce n’est plus aux nouveaux arrivants de s’intégrer à la majorité. Mais à cette dernière d’occulter son identité pour éviter « l’exclusion ».

LE MULTICULTURALISME

Le multiculturalisme confond l’ouverture à l’autre avec le reniement de soi.

La société québécoise ne veut pas de cette idéologie. Alors, comment lui imposer ? Par l’école ! L’objectif d’ECR ? Convertir la société québécoise au multiculturalisme. Mener une propagande pro-accommodements dans les classes. Inculquer aux jeunes l’idéologie des accommodements.

Georges Leroux, un des philosophes ayant inspiré ECR, l’a confirmé à demi-mot. Revenant sur la crise des accommodements raisonnables, il soutenait que le cours devait persuader les Québécois que la Cour suprême avait raison, en 2006, de permettre le port du kirpan à l’école.

Je traduis. Les Québécois critiquent les accommodements raisonnables. Une fois passés par ECR, ils ne les critiqueront plus. Gérard Bouchard le confirmait, en 2009, en disant que « la crise des accommodements raisonnables n’aurait jamais éclaté si le cours était donné depuis longtemps dans les écoles québécoises ».

L’évaluation en classe se fait dans cette perspective. Si l’enfant est favorable aux accommodements, il passera le cours. Sinon, il le coulera. ECR n’instruit pas. Il endoctrine. Grossièrement. D’ailleurs, dans certains manuels d’ECR, on voit des illustrations de femmes en burqa parmi les élèves. Comme si cela allait de soi.

ECR cherche à javelliser notre identité. C’est sur ce terrain que devraient combattre ses adversaires. Non plus défendre les droits des catholiques en particulier, mais l’identité québécoise en général. Et proposer, non plus, l’exemption au cours, mais son abolition pure et simple.

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