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Patrick Bruel se livre

Patrick Bruel se livre

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Avec le livre entretien Conversation avec Claude Askolovitch, le célèbre chanteur français se raconte pour la première fois.

Apparemment, ça faisait un bon moment que la maison d’édition Plon demandait à Patrick Bruel de rédiger sa propre biographie. Et même si l’idée était bonne, elle a longtemps laissé le chanteur sans voix, car d’ordinaire, lorsqu’on invite ainsi un artiste à coucher sa vie sur papier, c’est qu’il a déjà l’essentiel de sa carrière derrière lui et que l’heure des bilans a sonné... « Je trouvais que c’était trop tôt, quoi !, nous confiait-il cette semaine au téléphone au terme d’une longue journée de travail. Mais comme beaucoup de choses ont été écrites sur moi sans qu’on me consulte ou sans que j’en sois l’instigateur, j’ai fini par accepter en me disant que cette fois, ça allait être complètement différent. »

Sortir des sentiers battus

Au fil des ans, plusieurs bouquins et une quantité phénoménale d’articles de presse tantôt flatteurs, tantôt calomniateurs ont en effet été consacrés à cette véritable bête de scène qui enchaîne depuis 1978 films, albums et concerts. Mais peu importe leur nombre ou le sérieux de leurs propos, seule Conversation avec Claude Askolovitch nous permet de découvrir qui est réellement Patrick Bruel. « Je ne voulais pas faire une biographie traditionnelle, explique-t-il. J’avais plutôt envie de me raconter d’une manière un peu originale sans entrer dans le schéma habituel (je suis né en..., j’ai grandi à..., etc.). Avec ce livre, on a donc une conversation qui, en partant dans tous les sens, se transforme en bio. »

Comment ses parents se sont rencontrés et se sont séparés, sa jeunesse passée en banlieue parisienne, son grand-père socialiste, le spectacle de Michel Sardou à l’Olympia qui a changé sa vie (« Moi aussi, un jour, je serai là, comme lui ! »), ses amis, ses frasques, ses débuts de comédien, ses déceptions, l’armée, ses premières chansons, ses convictions politiques, sa passion pour le poker, la relation qu’il entretient avec son ex-femme Amanda Sthers, l’amour inconditionnel qu’il porte à ses enfants Oscar et Léon, sa nouvelle compagne journaliste... Bref, tout y passe ! « Je me suis laissé porter par les questions de Claude Askolovitch, précise Patrick Bruel. Les sujets n’ont pas été définis à l’avance et on ne s’est fixé aucune règle. Alors là où il voulait m’amener, j’y allais ! »

Un feu roulant de questions

On ne le connaît peut-être pas beaucoup ici, mais en France, Claude Askolovitch est un journaliste de renom. Après avoir entre autres été grand reporter au Nouvel Observateur, éditorialiste au Journal du Dimanche et chroniqueur à Europe 1, il travaille désormais pour Le Point. En clair, il n’en est pas à sa première interview et mieux que personne, il sait comment tirer les vers du nez à quelqu’un, que ce quelqu’un s’appelle Basile Boli, Éric Besson, Manuel Valls ou... Patrick Bruel. « J’avais une bonne idée de son travail, de son écriture, précise le chanteur. Sinon, dans la vie, on ne s’était croisés que deux ou trois fois. Et puis un matin, on s’est revus par hasard alors qu’il vivait quelque chose de difficile. Il y a eu entre nous un petit moment de rapprochement et par la suite, j’ai pensé que Claude Askolovitch pouvait très bien être l’interlocuteur que je cherchais. »

Est-ce que le ping-pong verbal qui en résulte aurait marqué autant de bons points si les deux hommes avaient été plus proches ? Tous les doutes sont permis, car d’une question à l’autre, on sent très bien que le journaliste tente de cerner la personnalité de Bruel ou d’en apprendre davantage sur sa vie privée et sa florissante carrière. « De temps en temps, je me suis quand même demandé si ça n’allait pas trop loin, concède le beau Brummell de 52 ans. Alors lorsque je n’avais pas envie d’aborder un sujet, je ne l’abordais pas et dans l’ensemble, je n’ai pas la sensation d’être allé trop loin même s’il y a des choses très personnelles dans ce livre. J’ai essayé d’être le plus honnête possible avec moi-même et d’arriver à parler de sujets qui me touchent tout en restant suffisamment pudique pour ne pas être intrusif et mettre mes proches dans une situation inconfortable. »

Touchant de sincérité

En racontant ses souvenirs et en dévoilant ses pensées les plus intimes comme ça lui chantait, Patrick Bruel a d’ailleurs étonné beaucoup de monde. « Depuis la parution de ce livre, je crois que le commentaire que j’entends le plus souvent est : « Ah, on ne savait pas ! » C’est assez extraordinaire ! En dédicace, j’ai même écrit à des amis très proches “Pour faire un peu mieux connaissance...” Les gens sont très touchés, très émus par la façon dont je raconte les choses. Quant à moi, c’est plus en lisant le livre que j’ai compris que j’avais vraiment besoin de faire une mise au clair de mes idées, de savoir où j’en étais après quelques années de parcours. »

Tiens, et si la maison d’édition Plon lui donnait rendez-vous dans dix ans ?


Patrick Bruel,
Conversation avec Claude Askolovitch
Éditions chez Plon, 280 pages

Extrait

Quand tu es devenu l’idole des femmes, ça a transformé ton rapport avec elles ?

Tu fais dans le cliché ! Entre les filles qui crient dans un concert parce qu’elles aiment le chanteur, et celles qui sont partantes pour avoir un truc avec lui, il y a de la marge ! Ce n’est pas comme si j’avais pu séduire n’importe quelle nana du jour au lendemain, en devenant célèbre...

Ça aide...

Bien sûr ! Mais la notoriété ne te donne pas tout.

Bruel ou n’importe quel mec, ça ne change rien ?

Forcément si, un peu. Mais heureusement que j’avais déjà un peu de succès avant, ça m’a permis de rester calme. Ça n’a pas été un bouleversement, comme pour beaucoup d’autres. Je me suis dit qu’on s’intéressait un peu plus à moi...

– Patrick Bruel, Conversation avec Claude Askolovitch

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