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Heureux dans son nouvel environnement

Heureux dans son nouvel environnement
photo d'archives Alexei

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Lorsque vous êtes de Togliatti (prononcer Toliatti comme en Italien), il y a de bonnes chances que vous soyez à l’emploi du fabricant automobile AvtoVaz, dont la marque la plus connue est le modèle Lada.

Le père d’Alexei Emelin, Vladislav, qui est aujourd’hui à la retraite, y a travaillé.

De son côté, son fils n’a jamais pensé à autre chose que faire carrière au hockey. Sauf qu’à ses débuts, il ne s’attendait pas vraiment à suivre les traces de ses concitoyens Alex Kovalev, Ilya Bryzgalov et Viktor Kozlov dans la Ligue nationale.

Plus jeune, le défenseur du Canadien avait des ambitions plus modestes. Il rêvait simplement de porter les couleurs du Lada de Togliatti.

Bien traité à Kazan

Après trois saisons avec l’équipe de sa ville natale, il a poursuivi sa carrière durant quatre ans avec le AK Bars de Kazan.

Quant au fait qu’il ne soit pas venu à Montréal plus tôt, il a toujours dit avoir été trompé par son ancien agent.

Selon ce qu’il raconte, son ex-conseiller d’affaires lui faisait croire que le Tricolore n’était pas intéressé à ses services.

Quoi qu’il en soit, Emelin ne vivait pas maigrement avec le AK Bars, l’une des formations les plus fortunées de la KHL. Il touchait un gros salaire exempt d’impôts et logeait dans un grand appartement fourni, une rareté en Russie.

Adaptation difficile

L’espace ne manque pas non plus à son domicile de l’Île-des-Soeurs, mais le changement de vie ne s’est pas fait facilement.

« Ce fut vraiment dur au début, surtout au niveau de la langue, raconte-t-il.

« Mais ça va de mieux en mieux, je me sens plus à l’aise. C’est plus difficile pour ma femme et ma famille.»

Sa mère Nila, travailleuse de l’industrie du textile, et son père Vladislav sont en ville dans l’attente de la naissance de leur deuxième petite-fille.

Emelin et sa conjointe Valentina ont une fille âgée de quatre ans prénommée de Lesia. Comme tout enfant, la petite se fait vite l’oreille aux langues parlées dans son nouvel environnement.

Elle apprend en regardant les dessins animés qu’elle écoute parfois avec son père. Elle est rapidement devenue une fan de l’émission Dora l’Exploratrice.

Jeu plus rapide

L’adaptation a été difficile aussi, côté hockey.

« La rapidité d’exécution est ce qui m’a donné le plus de difficultés, dit-il.

« Je me sens nettement plus à l’aise maintenant. »

Cela peut expliquer en partie la raison pour laquelle il appliquait moins de mises en échec au début de la saison. C’est une chose de frapper un rival, mais encore faut-il avoir la vitesse et la coordination pour le faire.

La marche menant à la LNH est haute pour un joueur qui n’y a jamais joué.

Emelin n’a jamais vraiment eu de joueurs modèles dans sa jeunesse. Il faut dire aussi qu’il n’y a pas si longtemps que les matchs de la LNH peuvent être vus en Russie.

D’autre part, sa famille n’avait pas les moyens de s’abonner à la télévision payante qui montrait ces matchs, même si son frère Sergei regarde ses matchs avec le Canadien grâce à Internet.

Maintenant que tout entre tranquillement dans l’ordre, Emelin est heureux dans sa nouvelle vie. Même plus qu’il l’avait envisagé.

Au point devenir un citoyen canadien comme son compatriote Andrei Markov ?

« On verra avec le temps, répond-il.

« Si tout va bien et que je joue longtemps à Montréal, ça pourrait être une possibilité. »

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