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Désolation au Centre Bell

Désolation au Centre Bell
photo d’archives Les partisans du Canadien méritent de la considération de la part de l’organisation.

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Vous avez dans un tiroir des billets achetés avant la ­saison pour un match à venir du Canadien au Centre Bell ?

Pire encore, vous détenez des abonnements saisonniers ? Bonne chance si vous voulez vendre vos places !

Le Tricolore a beau être seulement à sept points du huitième rang avec 21 rencontres à jouer, tout le monde sait qu’il ne prendra pas part aux séries ­éliminatoires. Plus personne n’y croit.

Meilleure chance l’an prochain.

Si les décideurs de l’organisation sont respectueux de leur clientèle, ils ne ­hausseront pas leur grille tarifaire la ­saison prochaine.

Par contre, il ne faut pas s’attendre à une réduction non plus, bien que ce soit dans l’ordre des choses.

On ne connaît ­aucune équipe, ni ­aucune autre entreprise dans le monde du spectacle, procédant de cette façon.

Vive le cash !

Quand on dit the show must go on, ça inclut tout, à commencer par la caisse enregistreuse.

Ainsi va le business. Mais si le ­Canadien avait vraiment de la considération pour sa clientèle, il lui offrirait une compensation ou un cadeau.

Ce serait une façon de la remercier pour son fidèle appui et de lui dire que l’on tient à elle.

Car il se trouvera des clients qui ­feront savoir au Tricolore qu’avec les désolantes performances qu’on leur donne cet hiver, on ne les reprendra plus la saison prochaine.

La tendance se manifeste dans le ­milieu corporatif. Des entreprises ­gouvernementales ont déjà indiqué qu’elles ne reprendront pas leurs loges, pas seulement par souci d’économie, mais aussi parce que leurs clients ­recherchent un type de distraction autre qu’un match de hockey.

Rien d’acquis

Cela dit, le Canadien n’est pas à ­plaindre financièrement. La plus belle preuve est que nombre d’amateurs qui avaient juré ne plus remettre les pieds au Centre Bell durant le lock-out y sont ­retournés dès la fin du conflit. Mais il ne faudrait peut-être pas les faire encore ­sécher trop longtemps.

À un moment donné, un gars se tanne. Une fille aussi.

On l’a vu dans les premières années du Centre Bell. Une fois l’effet nouveauté disparu, les amateurs, las de voir leur équipe tourner en rond, ont déserté le gros amphithéâtre en grand nombre.

L’équipe de gestionnaires mise sur pied par George Gillett et Pierre Boivin a réussi à renouveler une clientèle qui se faisait vieillissante.

Hauts et bas

Ce sera la deuxième fois que le ­Canadien rate les séries depuis qu’il joue devant des salles combles de 21 273 spectateurs. Mais cette fois-ci, la déception est plus grande.

En 2007, l’équipe avait été dans la course aux séries jusqu’au dernier match de la saison, alors qu’elle avait ­offert la victoire sur un plateau d’argent aux Maple Leafs de Toronto.

Guy Carbonneau, qui profitait d’un large capital de sympathie, en était à sa première saison dans le rôle ­d’entraîneur en chef.

La saison suivante, le Canadien avait rebondi de brillante façon avec une ­récolte de 104 points, sa meilleure ­production en 19 ans.

L’espoir était finalement réapparu mais dès l’année suivante. Après une première moitié pourtant fort prometteuse, l’équipe rechutait et Carbonneau perdait son poste.

Belle occasion ratée

Lors des deux premières saisons de Jacques Martin derrière le banc, la ­nouvelle équipe mise sur pied par Bob Gainey a fait vibrer les amateurs dans les séries.

En 2010, grâce au brio de Jaroslav ­Halak, le Canadien atteignait la finale de l’Est pour la première fois depuis sa ­dernière conquête de la coupe Stanley, en 1993.

Halak a été échangé pour que toute la place soit faite à Carey Price, le gardien que les hommes de hockey de l’organisation voient comme celui capable ­d’amener l’équipe aux grands honneurs.

Price et les siens sont venus à un but d’éliminer les éventuels vainqueurs de la coupe Stanley le printemps dernier.

Aujourd’hui, on dit que ce n’était qu’un mirage, mais si le Canadien avait continué sur sa lancée après avoir ­remporté les deux premiers matchs de la série à Boston, il aurait sorti les Bruins rapidement.

La vérité, c’est là qu’elle se trouve.

Quand un boxeur pousse dans le coin un adversaire ébranlé, il ne lui laisse pas la chance de retrouver ses esprits.

Il l’achève !

Les joueurs le disent eux-mêmes : les équipes qui gagnent dans les séries sont celles qui le veulent le plus.

Bienvenue chez nous

Au cours des derniers jours, un ­sondage de Hockey Night in Canada ­donnait le ­Centre Bell comme l’amphithéâtre préféré des joueurs adverses.

C’est sûr, ils s’y sentent comme s’ils étaient chez eux !

Mais comment expliquer que les ­autres équipes se disent transportées

par l’ambiance qui y règne et que le ­Canadien n’y gagnera même pas la ­moitié de ses matchs cette saison ?

Quand l’entraîneur et les joueurs se disent à court d’explications et de ­solutions, il est temps que la saison prenne fin. Et qu’on n’invoque pas comme excuse l’épidémie de grippe qui frappe l’équipe.

Le virus ne fait pas rage depuis octobre.

Et dire qu’en septembre, sans doute porté par la foi de ses hommes de hockey, Geoff Molson se disait confiant de voir son équipe se battre pour la coupe.

Quel triste bilan.

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