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Cour supérieure

Lacroix devra attendre 10 ans

L’ex-patron de Norbourg souhaitait être libéré de ses dettes de 190 M $

Lacroix devra attendre 10 ans
Photo d’Archives Vincent Lacroix souhaitait être libéré de ses dettes pour pouvoir assumer ses responsabilités financières envers ses enfants.

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L’ancien patron de Norbourg Vincent Lacroix devra patienter pas moins de 10 ans avant d’être libéré de ses dettes de 190 M$, vient de trancher la Cour supérieure dans une décision exceptionnelle.

« La libération [d’un failli] n’est pas un droit absolu », rappelle le juge Martin Castonguay, dans une décision rendue publique, hier.

Dans le document de huit pages, le magistrat motive notamment son jugement par l’extravagance injustifiable du mode de vie de Lacroix, des spéculations téméraires et hasardeuses ainsi que par l’ampleur des réclamations de 190 M$.

Vincent Lacroix avait déclaré faillite, en mai 2006. Mais l’Agence du revenu du Québec et le syndic Ernst & Young se sont opposés à la libération de faillite de Lacroix. Le fisc québécois, à qui Lacroix ­devait 18 M$, recommandait même de suspendre la libération de ­Lacroix pour 10 ans, une mesure rare.

Réaction du public

Lacroix, quant à lui, souhaitait être libéré de ses dettes pour pouvoir assumer ses responsabilités ­financières envers ses enfants. Un argument qui « ne tient pas la route », selon le juge.

Dans sa décision, le juge explique notamment combien il serait illusoire de pouvoir combler les réclamations de 190 M$, alors que les actifs actuels ne s’élèvent qu’à 13 M$.

Le magistrat s’inquiète aussi de la réaction qu’aurait pu avoir le ­public s’il avait choisi de libérer Lacroix de sa faillite.

« Les gestes de Lacroix ont été honnis de toutes parts, écrit-il. Quelle serait la perception du ­public si le Tribunal s’en tenait au seul principe de la réhabilitation ­financière d’un failli ? »

Le juge Castonguay en rajoute en rappelant combien Lacroix a brisé la vie de nombreux retraités et ­investisseurs et ébranlé le système financier québécois.

Vie de pacha

Une situation qui a provoqué une perte de confiance du public « qui sera difficile à rétablir », écrit-il.

Dans son jugement, le magistrat revient à quelques reprises sur le fait que c’est Lacroix lui-même qui a occasionné sa propre faillite par des spéculations risquées et une vie de pacha : achats de maisons à ses proches, voitures, voyages, repas, bons vins et autres plaisirs ne sont que quelques éléments énumérés.

« Ces circonstances, donnant ­ouverture à une opposition, sont indéniables », écrit-il.

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