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Drogue au volant

Dangereux cocktails mortels

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Photo Karl Tremblay Un conducteur sous l’effet de drogues et de médicaments court de plus grands risques d’être impliqué dans un accident.

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Pour une rare fois, un coroner vient de conclure à la mort violente d'une conductrice de 54 ans aux facultés affaiblies par un dangereux cocktail de plusieurs drogues.

Peu de cas illustrent clairement ce phénomène de plus en plus fréquent. Le 25 mai 2011, Pauline Veilleux est morte à la suite d'une violente embardée survenue sur la route 204, à Saint-Adalbert, dans le secteur de L’Islet. Lors de l'autopsie, le médecin avait d'abord remarqué des fractures multiples et une hémorragie cérébrale.

La drogue

Dans un récent rapport, le coroner Martin Toussaint note plutôt la présence de plusieurs substances dans le sang de la conductrice, notamment du citalopram, du nortriptyline et de l'amitryptiline (trois antidépresseurs), de la cocaïne, du lorazépam (pour traiter l'anxiété) et du carboxyhémoglobine.

La présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, incite les gens à la prudence, surtout en début de traitement.

« Il y a une vigilance à avoir avec une accumulation de médicaments. La prise d'antidépresseur augmente et il faut sensibiliser les patients. Il faut prendre les doses au bon moment et respecter l'horaire. Certains produits provoquent parfois de la somnolence. »

Le jour du drame, Mme Veilleux avait quitté le domicile d'un ami. La chaussée était sèche et le temps ensoleillé. Le véhicule était en bon état sauf les pneus avant. L'accident s'est produit vers 13 h, mais les techniciens ambulanciers ne sont arrivés sur place qu'à 13 h 52.

Le coroner Toussaint conclut à la mort violente et accidentelle de la conductrice aux facultés affaiblies par diverses drogues.

Un danger

Selon le dossier médical, la quinquagénaire présentait un trouble anxieux. Les médicaments de l’anxiété représentent systématiquement un danger pour la conduite automobile.

Les anxiolytiques diminuent la capacité à répondre aux situations d’urgence, augmentent le temps de réaction et diminuent la coordination des mouvements ainsi que la capacité à évaluer une trajectoire. Ces effets dangereux sont fortement augmentés par la consommation d’alcool ou la prise d'antidépresseurs.

La police veut aujourd'hui s'attaquer plus que jamais à la conduite sous l’influence de drogue

En formation

Le nouveau chef de police de Québec, Michel Desgagné, a mentionné récemment qu'il souhaitait renverser le mythe voulant que les policiers soient incapables de détecter les usagers de drogue au volant.

Ainsi, tous les agents du SPVQ seront formés d’ici à la fin de l’année pour détecter les conducteurs intoxiqués par la drogue.

« Six agents évaluateurs terminent leur formation à Phoenix », a ajouté le porte-parole Sandra Dion.

Avec l'épreuve de coordination de mouvements, les policiers devraient avoir les motifs nécessaires pour arrêter un conducteur.

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