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Franc-parler

La femme indigne

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Les détracteurs de Djemila Benhabib (l’auteure de Ma vie à contre Coran et Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident) l’accusent d’exagérer la menace islamiste.

La dame aime la publicité et s’invente des ennemis pour mieux pouvoir les combattre, disent-ils.

Ah oui ?

Vous devriez lire les commentaires qu’elle reçoit sur son blogue du Journal de Montréal.

Moi, c’est la menace d’islamophobie qui me fait grimper aux rideaux

BRITNEY OU JENNIFER

En voici quelques-uns :

« Vous allez être attaquée en justice pour vos propos. Better be ready. »

« Cette Djamila est une ratée, elle veut être célèbre en s’attaquant à l’Islam, comme l’ont fait ses prédécesseurs, Salman Rushdie et autres. Mais elle n’ira pas loin, parce que les putes de son genre finissent par être jetées aux ordures. »

« Madame Benhabib, une Algérienne, une Arabe, de père musulman, nous fait honte. Je vous suggère de changer votre prénom qui vous fait passer pour une musulmane arabe. Vous devriez vous appeler plutôt Marylin, Jennifer, Britney ou Samantha. Ces prénoms vous conviennent très (très) bien.

« Je pense que tu as un gros problème psychologique ou tu es complexée d’être une Arabe. C’est grave ce que tu dis à propos de notre prophète, que le Grand Dieu te pardonne ! »

DES FEMMES DÉGOÛTANTES

Attachez votre tuque avec de la broche, en voici d’autres :

« À propos du hijab, la femme qui le porte est toujours respectée, contrairement à ce qu’on voit partout, les femmes à moitié nues, dégoûtantes. Moi, je n’ai jamais porté le voile dans mon pays, ça fait maintenant six ans que je le porte et c’est une fierté pour moi ! Je regrette de ne pas l’avoir mis plus tôt ! »

« Quand je portais des vêtements normaux, des hommes me regardaient en sortant la langue comme si j’étais un morceau de viande, c’était pitoyable... »

Et, enfin, celle-ci :

« Benhabib et Martineau aiment surfer sur cette vague d’islamophobie. Tant mieux si ça leur permet de remplir leurs chroniques quotidiennes. Mais la majeure partie de leurs lecteurs sont des aliénés mentaux ou des mongols. »

LE MOT MAGIQUE

Alors, elle exagère, Djemila ? Elle en met une couche pour se rendre intéressante ?

Moi, c’est la menace d’islamophobie qui me fait grimper aux rideaux. Cette insulte-là, les barbus la sortent dès que quelqu’un critique l’Islam.

Ça fait plus de 15 ans que je pourfends les extrémistes religieux de tout acabit, autant les grenouilles de bénitier que les fous d’Allah.

Au cours de ces années, je n’ai jamais été traité de christianophobe, même si j’ai parfois été très dur envers certains cathos, monseigneur Ouellet en tête. Mais chaque fois que j’ose attaquer les fondamentalistes musulmans, bingo, on me traite d’islamophobe.

Comme s’il suffisait de sortir ce mot magique pour enterrer les critiques...

CAMPAGNE D’INTIMIDATION

Vous me direz que tous les « donneurs d’opinions » reçoivent des commentaires haineux. Vrai.

Mais dans le cas de Djemila, c’est différent. Depuis la parution de son blogue, elle est l’objet d’une campagne d’intimidation et de harcèlement particulièrement virulente, menée par un groupe de musulmans radicaux qui agissent en meute pour la faire taire.

Et après ça, on nous dira que le fondamentalisme islamiste n’existe pas au Québec, que tout ça est le fruit de notre paranoïa.

Bien tiens.

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