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Des repas halals et casher

Québec fera préparer en sous-traitance des mets qui respectent les coutumes religieuses

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Photo Agence QMI La prison de Hull.

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Pendant que la piètre qualité de la nourriture servie dans plusieurs centres pour personnes âgées soulève l'indignation, le gouvernement du Québec va dépenser des dizaines de milliers de dollars en sous-traitance pour fournir des repas halals et casher aux prisonniers issus de communautés culturelles.

Le ministère de la Sécurité publique a lancé, dans les derniers jours, trois appels d'offres pour obtenir des services alimentaires spécialisés, réclamés par les détenus pour des motifs religieux.

Les mandats concernent la livraison des repas halals et casher dans les établissements de détention de Bordeaux, Rvière-des-Prairies et Saint-Jérôme, trois des quatre plus grosses prisons de juridiction provinciale.

Les aliments ne seront pas préparés dans les cuisines des prisons, comme c'est la coutume, mais bien par des sous-traitants, qui les livreront une fois par semaine aux trois établissements.

« Chaque repas doit contenir une protéine (viande), un féculent et un légume », précisent les appels d'offres. Les contrats seront valides pour un an.

La plupart des mets seront congelés, mais le Ministère veut aussi se procurer des viandes halales fraîches, comme des cuisses de poulet et des cubes de boeuf.

Les quantités de nourritures commandées sont impressionnantes. Par exemple, le Ministère veut obtenir 41 produits casher congelés différents, dont 306 portions de rôti de veau, 371 portions de lasagne et 241 portions de poulet cacciatore.

Il a aussi besoin de 1 700 kilos de boeuf haché frais halal et 1 500 kilos de cuisses de poulet fraîches.

Plus de demandes

Des sources du milieu carcéral ont rapporté au Journal que dans le réseau correctionnel fédéral, le nombre d'accommodements à des fins religieuses est aussi en augmentation, surtout au niveau des repas.

Des prisonniers québécois se feraient même convertir à l'islam pour pouvoir prendre leurs repas dans leur cellule, selon un horaire spécial, plutôt qu'en groupe dans la cafétéria. Une situation qui pourrait très bien se produire dans les pénitenciers provinciaux, nous explique-t-on.

Hier, le Journal a posé des questions au sujet des accommodements à une porte-parole du ministère de la Sécurité publique, mais, en fin de journée, elle n'avait toujours pas rappelé.

Critères précis

La nourriture halale est consommée par les musulmans, tandis que celle casher appartient à la tradition juive. Dans les deux cas, les mets doivent avoir été préparés selon des critères très précis.

Par exemple, pour qu'une viande soit considérée comme halale, il faut que l'animal ait été égorgé par un humain et non une machine, grâce à une méthode très précise. Les méthodes d'abattage par des machines dans les usines, qui coûtent moins cher, sont évidemment interdites.

La personne doit aussi prononcer une prière au moment de tuer l'animal, dont la tête doit absolument être tournée vers La Mecque au moment de l'abattage.

Dans les deux cas, la consommation de porc ou le contact des aliments avec le porc est strictement défendu, tout comme la consommation d'alcool sous toutes ses formes.


  • En moyenne, dans les pénitenciers provinciaux, il en coûte 178 $ par jour pour garder un détenu. Les frais sont de 140 $ à Bordeaux et montent à 215 $ pour l'établissement Rivière-des-Prairies.

 

Exemples de repas commandés pour les détenus
Repas congelés cachers
Steak Salisbury
Chow mein au poulet
Rôti de veau
Veau cippolata
Piment farci
Poulet espagnol
Saumon
Lasagne
Bœuf rôti
Repas congelés halals
Poulet rôti
Poulet aux olives
Ailes de poulet
Bœuf au citron
Poulet Machbous
Riz pilaf au poulet
Poulet Zitounia
Goulache

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